en saisir même les rudiments, et a fortiori d’en atteindre l’essence. Il leur suffit donc de croire de façon globale que Dieu – exalté soit-Il – est le Riche, le Digne de louange ; or, celui qui commet un mal ne le fait que par besoin, ce qui contredit Sa suffisance, ou par défaut et imperfection, contraires à Sa perfection louée. Il est donc absolument impossible qu’un mal procède, en acte, de Celui qui est à la fois le Riche et le Digne de louange.
Certes, c’est bien Lui qui crée le bien comme le mal. Mais tu as compris que le qualificatif de mal n’est qu’une considération relative ; envisagé pour lui-même et rapporté à son Créateur et Artisan, il est un bien. Ne néglige pas ce point : il t’ouvrira une vaste porte vers la connaissance du Seigneur et Son amour, et dissipera les ambiguïtés qui ont dérouté l’esprit de bien des hommes éminents.
J’ai traité cette question de façon détaillée dans al-Tuḥfa al-Makkiyya, al-Fatḥ al-Qudsî et d’autres ouvrages.
Si toutefois la chose te reste obscure, je vais l’éclairer par des exemples.
Premier exemple : lorsque la main du voleur est tranchée, cette amputation est un mal pour l’intéressé, mais un bien pur pour l’ensemble des gens, car elle préserve leurs biens et leur épargne le préjudice ; c’est également un bien pour celui qui applique la sentence, qu’il ordonne ou qu’il juge, puisqu’il fait ainsi miséricorde à tous les serviteurs en supprimant ce membre nuisible et dommageable. Il mérite donc d’être loué pour ce jugement ; son injonction appelle la gratitude, la louange et l’amour de la part des serviteurs.
Il en va de même du verdict qui prescrit de mettre à mort celui qui agresse leur vie ou ce qu’ils tiennent pour sacré, ou de fouetter celui qui porte atteinte à leur honneur. Si telle est la punition réservée à celui qui attaque leurs biens dans ce monde, que dire de la sanction infligée à celui qui s’en prend à leur religion et les détourne de la guidée que Dieu a envoyée par Ses messagers, guidée à laquelle Il a suspendu le bonheur des serviteurs ici-bas et dans l’au-delà ? N’y a-t-il pas, dans la punition de cet assaillant, un bien absolu, une sagesse, une justice et une bienfaisance envers les créatures, bien qu’elle constitue un mal pour l’agresseur injuste ?