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Maintenant que tout cela est établi, traitons des maux contre lesquels on cherche refuge dans ces deux sourates.
Premier mal : celui qui est exprimé de manière générale dans la parole : « contre le mal de ce qu’Il a créé ». Ici, « ma » n’est qu’un pronom relatif. Le mal, dans ce verset, est donc rapporté à l’être créé, non à l’acte créateur du Seigneur ‒ Son action et Sa formation –, car cet acte ne comporte en aucune manière de mal. En effet, le mal n’affecte aucune de Ses qualités ni aucun de Ses actes, pas plus qu’Il n’atteint Sa propre essence, exalté soit-Il. Son essence possède la perfection absolue, sans la moindre déficience ; Ses attributs jouissent pareillement d’une perfection totale et d’une majesté complète, sans aucun défaut ni imperfection ; et tous Ses actes sont un bien pur, absolument dépourvu de mal. Si, à supposer l’impossible, Il accomplissait un acte mauvais, un nom tiré de ce mal Lui serait attribué ; Ses noms ne seraient alors plus tous parfaits, et les effets de ce mal reviendraient à Lui. Gloire et pureté à notre Seigneur, bien au-dessus d’une telle éventualité !
Quant à la justice qu’Il exerce envers Ses serviteurs et au châtiment qu’Il inflige à ceux qui le méritent, c’est un bien pur, car il s’agit de justice et de sagesse à l’état pur ; on ne le qualifie de mal qu’au regard de ceux qui en sont frappés. Le mal réside donc dans le fait que cette justice s’applique à eux et s’incarne en eux, non dans l’acte divin lui-même. Nous nions certes le mal dans Ses actes, mais non son existence dans certaines de Ses créatures séparées de Lui, puisque c’est Lui qui crée le bien comme le mal.
Il faut toutefois garder à l’esprit deux points :
- Tout ce qui est mal, ou contient du mal, n’existe qu’en tant qu’être créé distinct ; jamais il ne constitue un attribut divin ni un acte procédant de Lui.
- Le caractère mauvais est une notion relative : la chose est bonne du point de vue où l’action créatrice et formatrice du Seigneur s’y rattache, et elle est mauvaise du point de vue de celui pour qui elle constitue un mal. Elle a donc deux faces : sous l’une, elle est un bien, car rapportée au Créateur ‒ création, formation, volonté ‒, en raison de la sagesse profonde qu’Il y a placée, sagesse dont Il détient seul la pleine connaissance et qu’Il ne révèle qu’à qui Il veut parmi Ses créatures ; tandis que la plupart des gens voient leur intelligence trop étroite pour