Puis ils disent encore : « Seigneur, accorde-nous ce que Tu nous as promis par la voix de Tes messagers. » – Voilà la requête visant à obtenir un bien encore absent, afin qu’Il le leur octroie. Ils poursuivent : « Et ne nous couvre pas de honte le Jour de la Résurrection. » – Cette fois, ils implorent qu’un mal encore inexistant ne s’abatte pas sur eux : l’humiliation au Jour dernier.
Ainsi, ces deux versets englobent les quatre demandes fondamentales avec une parfaite harmonie et dans l’ordre le plus judicieux : d’abord les deux catégories qui concernent la vie d’ici-bas – le pardon des péchés et la permanence de l’islam jusqu’à la mort – puis les deux qui relèvent de l’au-delà, à savoir qu’ils reçoivent ce que leur ont annoncé Ses messagers et qu’ils ne soient pas couverts d’opprobre le Jour de la Résurrection.
Une fois cela compris, considérons la formule que le Prophète ﷺ prononçait dans le témoignage du sermon : « wa naʿûdhu billâhi min sharûri anfusinâ wa sayyiʾâti aʿmâlinâ » (Nous cherchons protection auprès d’Allah contre le mal de nos âmes et les méfaits de nos œuvres).
Cette invocation englobe, d’une part, la demande de protection contre le mal de l’âme : un mal qui n’existe pas encore en acte, mais qui réside en elle à l’état latent ; on sollicite donc qu’il soit écarté et ne se manifeste jamais.
Quant aux mots « contre les méfaits de nos œuvres », deux explications sont avancées :
- Il s’agirait d’une demande de protection contre les mauvaises œuvres déjà commises. Le hadith couvrirait alors les deux formes de requête : l’éloignement d’un mal potentiel et la levée d’un mal effectif.
- « Les méfaits des œuvres » renverraient à leurs châtiments, à leurs funestes conséquences qui affligent l’auteur. Dans ce cas, la supplication vise également à prévenir le mal, mais en faisant disparaître l’effet, tandis que la première opinion concerne la cause. Il implore ainsi d’être préservé à la fois de la souffrance et de ses origines.
Suivant la première interprétation, l’expression « méfaits des œuvres » relève de l’assignation d’une espèce à son genre : les œuvres forment le genre, leurs méfaits en sont une espèce particulière. Selon la seconde, elle consiste en l’attribution de l’effet à sa cause, du résultat à son principe, comme s’il disait : « contre la sanction de mes actes ». Les deux lectures restent plausibles.