De même, l’oppression de la dette et la domination des hommes sont deux compagnes inséparables ; toutes deux font souffrir l’âme et la tourmentent. La première est une contrainte fondée sur un droit – c’est le poids de la dette ; la seconde est une contrainte injuste – c’est la mainmise des hommes.
En outre, le fardeau de la dette provient le plus souvent d’une cause imputable au serviteur lui-même, tandis que la domination des hommes est une contrainte qui lui est imposée sans qu’il l’ait voulue.
Dans le même ordre d’idées, le Prophète ﷺ cherchait refuge « contre le péché et l’endettement excessif », car l’un comme l’autre provoquent une douleur immédiate.
Il disait encore : « Je me réfugie dans Ta satisfaction contre Ta colère, et dans Ta protection contre Ton châtiment. » La colère divine est en effet la cause de la douleur, et le châtiment est la douleur elle-même ; il se plaçait donc à l’abri de la plus grande des souffrances et de sa cause la plus puissante.
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Le mal dont on demande à être préservé se divise en deux catégories :
- un mal existant, dont on sollicite la levée ;
- un mal inexistant, dont on implore qu’il demeure absent et ne se produise pas.
De la même façon, le bien absolu comporte deux catégories :
- un bien déjà présent, dont on demande la permanence, la stabilité et qu’il ne soit jamais retiré ;
- un bien encore absent, dont on demande l’apparition et l’obtention.
Ces quatre éléments constituent les requêtes fondamentales de ceux qui invoquent le Seigneur des mondes ; toutes leurs supplications gravitent autour d’eux.
On retrouve ces quatre requêtes dans la parole du Très-Haut, qui rapporte la prière de Ses serviteurs à la fin de la sourate Âl ʿImrân : « Seigneur, nous avons entendu l’appel de celui qui appelait à la foi : “Croyez en votre Seigneur !” Nous y avons cru. Seigneur, pardonne-nous nos fautes, efface nos mauvaises actions. » – Voilà la demande visant à écarter un mal déjà présent, car péchés et fautes sont un mal, comme nous l’avons expliqué. Puis ils ajoutent : « Et fais-nous mourir en compagnie des justes. » – Il s’agit ici de la demande tendant à maintenir un bien déjà acquis, à savoir la foi, jusqu’à ce qu’Il les fasse mourir en cet état. Ce sont là les deux premières catégories.