8 : 53 « Cela, parce qu’Allah ne modifie jamais un bienfait dont Il a comblé un peuple avant qu’ils n’aient changé ce qui est en eux-mêmes. »
Quiconque médite les récits qu’Allah expose dans Son Livre au sujet des communautés auxquelles Il a retiré Ses grâces voit que tous ces retraits s’expliquent, sans exception, par leur transgression de Ses ordres et leur désobéissance à Ses messagers.
Il en va de même pour celui qui observe l’état de ses contemporains et les bienfaits qu’Allah leur a ôtés : il y décelera toujours les funestes suites des péchés, ainsi qu’on l’a dit :
« Si tu jouis d’une grâce, veille à la garder,
car les désobéissances font disparaître les grâces. »
Jamais une faveur d’Allah n’a été préservée par un moyen plus sûr que l’obéissance, jamais elle n’a augmenté par un moyen plus efficace que la gratitude, et jamais elle n’a été plus vite retirée qu’à cause de la désobéissance au Seigneur. Celle-ci est en effet le feu qui consume les bienfaits comme le feu dévore le bois sec. Quiconque parcourt du regard les événements du monde se passe d’une autre démonstration.
Le point à retenir est donc que ces causes sont des maux, inéluctablement.
Quant au fait que leurs effets soient également des maux, c’est parce qu’ils entraînent des souffrances spirituelles et corporelles ; à la violence de la douleur physique s’ajoute pour celui qui les subit la douleur de l’âme — soucis, angoisses, tristesses et regrets. Si l’homme sensé en prenait pleinement conscience, il lui accorderait toute l’attention requise et redoublerait d’efforts pour s’en échapper. Mais un voile de négligence a été jeté sur son cœur afin que s’accomplisse le décret d’Allah. S’il s’éveillait vraiment, son âme se consumerait déjà dans ce monde de remords pour tout ce qu’il a manqué de sa part immédiate et future auprès d’Allah.
La chose ne lui apparaîtra dans toute sa clarté qu’au moment de quitter ce monde, lorsqu’il jettera un regard sur l’Au-delà ; alors il dira :
89 : 24 « Hélas ! si seulement j’avais préparé quelque chose pour ma vraie vie ! »
39 : 56 « Malheur à moi pour ce que j’ai manqué envers Allah ! »
Puisque le mal se réduit aux souffrances et à leurs causes, toutes les implorations de protection du Prophète ﷺ gravitent autour de ces deux fondements : tout ce dont il cherchait refuge, ou dont il ordonnait de chercher refuge, est soit