Nous aborderons donc ces quatre maux, les circonstances dans lesquelles ils surviennent et la façon dont ils affectent le serviteur, la manière de s’en prémunir avant qu’ils ne se manifestent, ainsi que les moyens de les repousser après qu’ils se sont produits.
Avant d’en venir là, il importe d’expliquer ce qu’est le mal et quelle est sa réalité.
Le terme « mal » s’emploie pour désigner deux notions : la douleur elle-même et ce qui y conduit. Il ne recouvre rien d’autre. Ainsi, les maux sont la douleur et ses causes. Les désobéissances, la mécréance, le polythéisme et toutes les formes d’injustice sont des maux, même si leur auteur y trouve quelque but ou quelque plaisir immédiat ; ils n’en demeurent pas moins des maux, parce qu’ils sont les causes de la douleur et qu’ils y mènent inéluctablement, comme toute cause mène à son effet. La douleur en découle comme la mort découle de l’ingestion d’un poison mortel, de l’égorgement, de la brûlure par le feu, de l’étranglement par une corde, ou de tout autre procédé qui, inévitablement, produit son résultat — à moins qu’un empêchement n’interrompe la causalité ou qu’un contre-motif plus puissant n’en neutralise l’effet. De même, la force de la foi et l’abondance des bonnes œuvres expiatrices peuvent contrecarrer les causes du châtiment : leur quantité ou leur qualité l’emporte alors sur les causes de la punition, et le plus fort repousse le plus faible.
Il en va ainsi de toutes les causes opposées : celles de la santé et de la maladie, de la faiblesse et de la force.
Le point essentiel est que ces causes agréables demeurent néanmoins des maux, même si l’âme en retire une jouissance immédiate. Elles s’apparentent à un mets savoureux mais empoisonné : celui qui le mange se régale de sa saveur et le trouve facile à avaler, mais, peu après, le poison fait son œuvre. Ainsi en est-il, inexorablement, des péchés et des fautes ; même si le Législateur ne nous en avait pas avertis, la réalité, l’expérience, le témoignage des gens de savoir comme du commun auraient suffi à l’attester.
Une grâce a-t-elle jamais été retirée à quelqu’un sinon par le funeste effet de sa désobéissance ? Lorsqu’Allah comble un serviteur d’un bienfait, Il le lui conserve et ne le lui retire que si le serviteur s’emploie lui-même à le perdre ; 13:11 « En vérité, Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » Et lorsque Allah veut un mal pour un peuple, nul ne peut l’en détourner ; ils n’ont, en dehors de Lui, aucun protecteur.