des deux sourates protectrices (al-Muʿawwidhatayn) ? » Il répondit : « J’ai interrogé le Messager d’Allah ﷺ à ce sujet. Il m’a dit : “Il m’a été dit, alors j’ai dit.” Nous répétons donc exactement ce qu’a dit le Messager d’Allah ﷺ. »
Puis il ajouta : « ʿAlî ibn ʿAbd-Allâh nous a rapporté, Sufyân nous a rapporté, d’après ʿAbda ibn Abî Lubâba, d’après Zirr ibn Ḥubaysh ; et ʿĀṣim nous a également rapporté d’après Zirr : “J’ai interrogé Ubayy ibn Kaʿb. Je lui ai dit : Ô Abû al-Munḏir, ton frère Ibn Masʿûd affirme ceci et cela. Ubayy répondit : J’ai questionné le Messager d’Allah ﷺ ; il m’a dit : ‘Il m’a été dit : Dis.’ J’ai donc dit : ‘Dis.’ Nous disons donc ce qu’a dit le Messager d’Allah ﷺ.” »
Je précise : dans l’expression « Il m’a été dit », le complément d’objet est sous-entendu ; il faut comprendre : « Il m’a été dit : Dis », ou « Il m’a été dit : prononce ces paroles », et j’ai répété exactement ce qui m’avait été dicté.
Cette formule recèle un secret : le Prophète ﷺ n’a, vis-à-vis du Coran, que la mission de le transmettre ; il ne l’a pas composé de sa propre initiative, mais le communique de la part d’Allah. Or, Allah lui a dit : « Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante.” » La transmission parfaite exigeait donc qu’il répète fidèlement : « Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube naissante.” » Tel est le sens de sa parole : « Il m’a été dit, alors j’ai dit », c’est-à-dire : je ne fais qu’annoncer, je prononce exactement ce qu’on me dicte et je transmets la Parole de mon Seigneur telle qu’elle m’a été révélée.
Que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui : il a bel et bien transmis le message, rempli le dépôt, et dit ce qui lui fut ordonné de dire. Voilà qui suffit pour réfuter les muʿtazilites, les jahmites et leurs semblables, qui prétendent que ce Coran arabe, cette trame verbale, serait la propre parole du Prophète, qu’il aurait élaborée de lui-même. Le hadith cité constitue la réfutation la plus explicite de cette allégation : le Prophète ﷺ transmit l’énoncé qui lui avait été confié, dans sa forme et son terme mêmes, au point que, lorsque l’ordre divin fut : « Dis », il répéta lui-même : « Dis », car il n’était qu’un pur messager. La responsabilité du Messager se limite à la transmission.
Chapitre II
Du Protecteur invoqué. — Il s’agit d’Allah, Lui seul, le Seigneur de l’aube naissante, le Seigneur des hommes, le Souverain des hommes, la Divinité des hommes. Il n’est permis de chercher refuge qu’auprès de Lui ; on ne sollicite la protection d’aucune de Ses créatures. C’est Lui qui accorde asile à ceux qui Le supplient, qui les préserve et les protège contre le mal de ce que