Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

à Allah, il a donc eu recours au verbe qui exprime directement cet acte, et non à celui qui ne fait qu’en signifier la demande ; médite-y avec soin.

Il n’en va pas de même lorsqu’on dit : « Demande pardon à Allah », et que l’intéressé répond : « Je demande pardon à Allah ». On lui a alors enjoint de solliciter le pardon divin ; en prononçant « Je demande pardon à Allah », il obéit, puisque le sens est : « Je prie Allah de me pardonner ».

Si l’on veut introduire cette nuance dans la recherche de protection, rien n’empêche d’employer le sīn et le tāʾ, et de dire : « astaʿīdh billāh », c’est-à-dire : « je Lui demande de me mettre à l’abri ». Mais cela diffère de l’acte même de se retrancher, de s’agripper et de fuir vers Lui.

Dans le premier cas, l’homme décrit son état : il est déjà réfugié auprès de son Seigneur ; son énoncé comporte implicitement la requête d’être préservé.

Dans le second, il se présente comme un suppliant qui implore son Seigneur de le protéger, comme s’il disait : « Je Te demande de me donner refuge ».

L’état exprimé par la première formule est plus accompli. C’est pourquoi, en application de cet ordre divin, le Prophète ﷺ disait : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le damné », « Je me mets à l’abri par les paroles parfaites d’Allah », ou encore : « Je cherche refuge dans la puissance et la capacité d’Allah », sans jamais dire : « astaʿīdh ».

De même, Allah lui a enseigné de dire : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube » et « Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes », sans employer la forme « astaʿīdh ». Contemple donc cette subtile sagesse.

Tu pourrais objecter : « Comment se fait-il alors que l’on exécute l’ordre divin en reprenant littéralement la forme impérative et l’expression commandée ? Car Il dit : Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube”, Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”. Or, lorsque l’ordre est : “Dis : louange à Allah”, ou “Dis : gloire à Allah”, on se conforme en disant : “Louange à Allah”, “Gloire à Allah”, et non : “Dis : gloire à Allah”. »

Je réponds : c’est précisément la question qu’Ubayy ibn Kaʿb posa, mot pour mot, au Prophète ﷺ, et à laquelle le Messager d’Allah ﷺ répondit lui-même.

Al-Bukhârî rapporte en effet dans son Ṣaḥîḥ : « Qutaybah nous transmit, Sufyân nous transmit, d’après ʿĀṣim et ʿAbda, d’après Zirr ibn Ḥubaysh, lequel dit : “J’ai interrogé Ubayy ibn Kaʿb au sujet de…” »

بالله، أتى بالفعل الدال على ذلك دون الفعل الدال على طلب ذلك فتأمله. وهذا بخلاف ما إذا قيل: استغفر الله. فقال: أستغفر الله. فإنه طلب منه أن يطلب المغفرة من الله. فإذا قال: أستغفر الله، كان ممتثلا. لأن المعنى: أطلب من الله أن يغفر لي. وحيث أراد هذا المعنى في الاستعاذة فلا ضير أن يأتي بالسين والتاء، فيقول: أستعيذ بالله. أي أطلب منه أن يعيذني. ولكن هذا معنى غير نفس الاعتصام والالتجاء والهرب إليه. فالأول: مخبر عن حاله وعياذه بربه. وخبره يتضمن سؤاله وطلبه أن يعيذه. والثاني: طالب سائل من ربه أن يعيذه. كأنه يقول: أطلب منك أن تعيذني. فحال الأول أكمل. ولهذا جاء عن النبي ﷺ في امتثال هذا الأمر «أعوذ بالله من الشيطان الرجيم» . و «أعوذ بكلمات الله التامات» . و «أعوذ بعزة الله وقدرته» دون: أستعيذ، بل الذي علمه الله إياه أن يقول: أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ دون أستعيذ. فتأمل هذه الحكمة البديعة. فإن قلت: فكيف جاء امتثال هذا الأمر بلفظ الأمر والمأمور به، فقال: قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ وقُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ ومعلوم أنه إذا قيل: قل الحمد لله، وقل: سبحان الله فإن امتثاله أن يقول: الحمد لله، وسبحان الله، ولا يقول: قل سبحان الله. قلت: هذا هو السؤال الذي أورده أبيّ بن كعب على النبي ﷺ بعينه، وأجابه عنه رسول الله ﷺ. فقد قال البخاري في صحيحه. حدثنا قتيبة حدثنا سفيان عن عاصم وعبدة عن زرّ بن حبيش قال: «سألت أبيّ بن كعب عن

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