à Allah, il a donc eu recours au verbe qui exprime directement cet acte, et non à celui qui ne fait qu’en signifier la demande ; médite-y avec soin.
Il n’en va pas de même lorsqu’on dit : « Demande pardon à Allah », et que l’intéressé répond : « Je demande pardon à Allah ». On lui a alors enjoint de solliciter le pardon divin ; en prononçant « Je demande pardon à Allah », il obéit, puisque le sens est : « Je prie Allah de me pardonner ».
Si l’on veut introduire cette nuance dans la recherche de protection, rien n’empêche d’employer le sīn et le tāʾ, et de dire : « astaʿīdh billāh », c’est-à-dire : « je Lui demande de me mettre à l’abri ». Mais cela diffère de l’acte même de se retrancher, de s’agripper et de fuir vers Lui.
Dans le premier cas, l’homme décrit son état : il est déjà réfugié auprès de son Seigneur ; son énoncé comporte implicitement la requête d’être préservé.
Dans le second, il se présente comme un suppliant qui implore son Seigneur de le protéger, comme s’il disait : « Je Te demande de me donner refuge ».
L’état exprimé par la première formule est plus accompli. C’est pourquoi, en application de cet ordre divin, le Prophète ﷺ disait : « Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le damné », « Je me mets à l’abri par les paroles parfaites d’Allah », ou encore : « Je cherche refuge dans la puissance et la capacité d’Allah », sans jamais dire : « astaʿīdh ».
De même, Allah lui a enseigné de dire : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube » et « Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes », sans employer la forme « astaʿīdh ». Contemple donc cette subtile sagesse.
Tu pourrais objecter : « Comment se fait-il alors que l’on exécute l’ordre divin en reprenant littéralement la forme impérative et l’expression commandée ? Car Il dit : Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube”, Dis : “Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes”. Or, lorsque l’ordre est : “Dis : louange à Allah”, ou “Dis : gloire à Allah”, on se conforme en disant : “Louange à Allah”, “Gloire à Allah”, et non : “Dis : gloire à Allah”. »
Je réponds : c’est précisément la question qu’Ubayy ibn Kaʿb posa, mot pour mot, au Prophète ﷺ, et à laquelle le Messager d’Allah ﷺ répondit lui-même.
Al-Bukhârî rapporte en effet dans son Ṣaḥîḥ : « Qutaybah nous transmit, Sufyân nous transmit, d’après ʿĀṣim et ʿAbda, d’après Zirr ibn Ḥubaysh, lequel dit : “J’ai interrogé Ubayy ibn Kaʿb au sujet de…” »