Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Dans le hadith, il est rapporté que, lorsque la fille d’al-Jawn fut introduite auprès du Prophète ﷺ et qu’il posa sa main sur elle, elle s’écria : « Je cherche protection auprès d’Allah contre toi. » Il lui répondit : « Tu viens de t’abriter auprès d’un Refuge ; retourne donc auprès des tiens. »

Le terme « aʿûdhu » signifie : je me refugie, je m’abrite, je me prémunis.

Quant à son étymologie, deux explications sont avancées :

  1. il proviendrait de l’idée de voile ou de couverture ;
  2. il dériverait de l’idée de voisinage étroit et permanent.

Selon la première opinion, les Arabes appellent ʿawwadh – avec ʿayn vocalisée en ḍamma et wāw redoublée – la maisonnette bâtie au pied d’un arbre dont le feuillage lui sert d’abri. Celui qui s’y installe s’est, en quelque sorte, réfugié sous l’arbre et s’est dissimulé dans son ombre ; de la même manière, celui qui demande protection se cache de son ennemi auprès de Celui dont il implore la sauvegarde.

Pour la seconde opinion, les Arabes emploient également le mot ʿawwadh pour désigner la chair qui adhère tellement à l’os qu’il est impossible de la détacher ; elle s’y cramponne et s’y maintient. Ainsi, la personne qui cherche refuge s’accroche fermement à son Protecteur, s’appuie sur Lui et ne Le quitte plus.

Ces deux explications sont justes, et l’istiʿâdha les englobe toutes deux : le solliciteur de refuge se cache derrière son Protecteur tout en s’y cramponnant. Son cœur s’y attache comme l’enfant à son père lorsqu’un ennemi brandit l’épée contre lui ; l’enfant s’enfuit, croise son père sur sa route, se jette sur lui et s’y agrippe de toutes ses forces. De même, celui qui implore la protection a fui l’ennemi qui veut sa perte ; il se tourne vers son Seigneur et Maître, se précipite vers Lui, se jette devant Lui, s’en remet à Lui et se met entièrement sous Sa garde.

Cela dit, la réalité de l’istiʿâdha qui s’établit dans le cœur du croyant dépasse ces formulations. Les mots ne sont qu’illustrations, signes et tentatives de clarification ; car ce qui envahit alors le cœur en termes de refuge, de confiance absolue, d’abandon entre les mains du Seigneur, de besoin impérieux et d’humilité profonde est une chose qu’aucun langage ne peut cerner totalement.

وفي الحديث «أن ابنة الجون لما أدخلت على النبي ﷺ فوضع يده عليها، قالت: أعوذ بالله منك. فقال لها. لقد عذت بمعاذ، الحقي بأهلك» . فمعنى «أعوذ» ألتجئ وأعتصم، وأتحرز. وفي أصله قولان. أحدها: أنه مأخوذ من الستر. والثاني: أنه مأخوذ من لزوم المجاورة. فأما من قال: إنه من الستر فقال: العرب تقول للبيت الذي في أصل الشجرة التي قد استتر بها «عوّذ» بضم العين وتشديد الواو وفتحها، فكأنه لما عاذ بالشجرة واستتر بأصلها وظلها: سموه عوّذا. فكذلك العائذ قد استتر من عدوه بمن استعاذ به منه واستجنّ به منه. ومن قال: هو لزوم المجاورة قال: العرب تقول للحم إذا لصق بالعظم فلم يتخلّص منه «عوّذ» لأنه اعتصم به، واستمسك به. فكذلك العائذ قد استمسك بالمستعاذ به، واعتصم به، ولزمه. والقولان حق. والاستعاذة تنتظمهما معا. فإن المستعيذ مستتر بمعاذه، مستمسك به، معتصم به. قد استمسك قلبه به ولزمه، كما يلزم الولد أباه إذا أشهر عليه عدوه سيفا وقصده به، فهرب منه. فعرض له أبوه في طريق هربه. فإنه يلقي نفسه عليه، ويستمسك به أعظم استمساك. فكذلك العائذ قد هرب من عدوه الذي يبغي هلاكه إلى ربه ومالكه، وفر إليه، وألقى نفسه بين يديه، واعتصم به، والتجأ إليه. وبعد، فمعنى الاستعاذة القائم بقلب المؤمن وراء هذه العبارات. وإنما هي تمثيل وإشارة وتفهيم، وإلا فما يقوم بالقلب حينئذ من الالتجاء والاعتصام، والانطراح بين يدي الرب، والافتقار إليه، والتذلل بين يديه: أمر لا تحيط به العبارة.

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