lui en aurait donné l’ordre. Or, il faut distinguer les deux situations : ce n’est pas parce que le Prophète ﷺ a agréé qu’elle récite une incantation (ruqya) sur lui qu’il aurait, pour autant, sollicité lui-même une ruqya ; les deux choses ne se confondent pas. Il est fort probable que ce qu’il lui demandait réellement était seulement de passer sa propre main sur son corps. Ainsi, c’est lui qui se soignait par la ruqya ; mais, lorsque sa main devint trop faible pour parcourir l’ensemble de son corps, il lui demanda de la déplacer à sa place. Ce geste était distinct de la récitation qu’elle faisait sur lui et du fait qu’elle le touchait de sa propre main ; elle accomplissait donc l’un et l’autre. Or, ce que le Prophète ﷺ lui avait effectivement prescrit se limitait au déplacement de sa main, non à la ruqya elle-même. Allah est plus savant.
Notre propos, à présent, est de traiter de ces deux sourates, de montrer l’immensité de leur utilité et la vive – voire absolue – nécessité que l’on a d’elles ; nul ne saurait jamais s’en passer. Elles possèdent en effet un effet spécifique pour repousser la sorcellerie, le mauvais œil et tout autre mal. Le besoin qu’a le serviteur de chercher protection grâce à ces deux sourates est plus vital encore que celui de respirer, de manger, de boire ou de se vêtir. Nous disons donc – et c’est d’Allah que vient l’aide :
Ces deux sourates renferment trois fondements, qui sont les piliers mêmes de l’istiʿâdha (la demande de protection) :
- l’acte même de se placer sous protection ;
- Celui auprès de qui l’on cherche refuge ;
- ce contre quoi l’on se protège.
Comprendre cela fait saisir l’extrême besoin, voire la nécessité, de ces deux sourates. Nous leur consacrerons donc trois chapitres : le premier portera sur l’istiʿâdha, le deuxième sur Celui auprès de qui l’on cherche refuge, et le troisième sur ce dont on se protège.
Chapitre I
Sache que le verbe ‘âdha, sous toutes ses formes, véhicule l’idée de se prémunir, de se fortifier et de se sauver. Son sens véritable est : fuir ce que l’on craint pour se réfugier auprès de celui qui peut en préserver. De là vient que celui auprès de qui l’on se réfugie est appelé maʿâdh (refuge), tout comme on le nomme maljaʾ (abri) ou wizr (asile).