de leur religion. D’autres ont imaginé qu’il ne visait que ceux à qui l’on laisse leur foi, c’est-à-dire les Gens du Livre. Or ces deux avis sont purement erronés : il n’y a dans cette sourate ni abrogation ni restriction. Elle demeure péremptoire, son caractère général est intact, et elle fait partie de ces chapitres dans lesquels l’abrogation est impensable, car les règles relatives à l’unicité – point de convergence de l’appel de tous les messagers – ne sauraient faire l’objet d’aucune abrogation. Or cette sourate est entièrement vouée à l’unicité et, pour cette raison, on l’appelle « sourate al-Ikhlâṣ », comme il a été dit.
L’erreur vient de ce qu’ils ont cru que le verset signifiait une ratification de leur religion ; puis, constatant que cette ratification avait été balayée par l’épée, ils ont conclu qu’il était abrogé. D’autres ont prétendu qu’il ne s’appliquait plus qu’à une partie des mécréants – ceux qui possèdent une Écriture – et qu’il serait donc réservé aux Gens du Livre.
À Dieu ne plaise que le verset ait jamais impliqué pour eux la moindre reconnaissance ni la moindre validation de leur culte ! Depuis le premier jour – et son hostilité ne cessa d’être partagée par ses compagnons – le Messager de Dieu ﷺ ne s’est pas relâché dans sa désapprobation : il dénonçait leur culte, en dévoilait la laideur, l’interdisait, les menaçait et les mettait en garde, à tout instant et dans chaque assemblée. Ils l’avaient pourtant supplié de cesser de critiquer leurs idoles et leur religion et de les laisser tranquilles ; mais il refusa avec fermeté et persista dans son blâme. Comment donc prétendre que le verset cautionnerait leur croyance ? À Dieu ne plaise pour pareille allégation fallacieuse ! Le verset n’exprime rien d’autre qu’un dégagement absolu, ainsi qu’il a été expliqué : « La religion que vous pratiquez, jamais nous ne l’approuverons, car elle est fausse ; elle vous appartient exclusivement. Nous n’y prenons aucune part, et vous ne prenez aucune part à notre religion véridique. » Voilà le summum du désaveu et de la rupture quant à toute communion avec eux dans leur foi ; où serait donc l’approbation pour que l’on évoque l’abrogation ou la restriction ?
Penses-tu que, parce qu’ils ont été combattus par l’épée après l’avoir été par la preuve, il ne serait plus licite de déclarer : « À vous votre religion, à moi la mienne » ? Bien au contraire : ce verset reste debout, catégorique et inébranlable entre croyants et mécréants, jusqu’à ce que Dieu purifie d’eux Ses serviteurs et Sa terre.
Il en est de même pour ce verdict de rupture entre les disciples du Messager de Dieu ﷺ, les gens de la sunna, et les gens