d’« Ô vous qui avez mécru ». Il l’explique — et Allah sait mieux — par le fait que, pour quiconque porte l’incroyance comme un attribut fixe, indissociable, il est légitime qu’Allah se désavoue de lui et que lui-même soit désavoué d’Allah ; il incombe donc au monothéiste de le renier. L’interpellation se situe ainsi dans le registre du désaveu, lequel marque l’éloignement et la rupture absolus, parfaitement adaptés à la réalité de son état — la mécréance persistante et enracinée. C’est comme si le texte disait : « De même que l’incroyance vous est adhérente, immuable, Ma prise de distance et Mon désaveu à votre égard demeureront constants, pour toujours. » Voilà pourquoi la sourate recourt à une négation exprimant la permanence, en réponse à une mécréance elle-même continue. La chose est évidente.
Neuvièmement : quel est l’intérêt de la parole : « À vous votre religion, et à moi ma religion » (109 : 6) ? Apporte-t-elle un sens nouveau par rapport à ce qui précède ?
La sagesse — Allah est plus savant — tient à ce que les premières négations expriment déjà le désaveu : il est impensable — et indigne du Prophète — qu’il adore leurs idoles, tout comme eux n’adoreront jamais la divinité qu’il adore. La conclusion de la sourate vient ensuite consacrer, de leur côté, ce que ces négations impliquaient : le shirk et la mécréance, qui constituent leur part, leur lot, leur attribution. C’est comparable à deux hommes se partageant un territoire ; l’un dit à l’autre : « Ne franchis pas ma limite, et je ne franchirai pas la tienne ; ta terre t’appartient, ma terre m’appartient. »
L’énoncé coranique indique donc que ce désaveu équivaut à un partage : le tawḥîd et la foi nous sont échus ; ils forment notre part exclusive, dans laquelle vous ne devez rien associer. À vous, en revanche, est échue l’association à Allah et la mécréance envers Lui ; c’est votre part exclusive, dans laquelle nous ne vous suivrons pas. Béni soit Celui qui vivifie les cœurs de qui Il veut parmi Ses serviteurs, en leur faisant comprendre Sa parole.
Lorsque de telles significations se dévoilent aux cœurs, parées de leurs plus beaux atours, elles les captivent et les emportent tout entiers. Mais si le cœur n’a pas reçu la vie, elles ne sont qu’une fiancée conduite à un aveugle impotent. Louange à Allah pour Ses dons sans limites ; nous implorons qu’Il parachève Sa grâce.
Dixièmement : la raison pour laquelle leur part et leur lot sont mentionnés avant les Siens