ou le feu, le fer et tout autre élément ? En vérité, seule mérite d’être louée l’action d’un agent libre, doté de puissance et de volonté, pour les œuvres dignes d’éloge qu’il accomplit ; hors de cela, la raison saine comme la nature originelle ne reconnaissent rien d’autre.
Tout avis contraire s’écarte donc de la fitra et de l’intellect. Plus encore, ses partisans ne se contentent pas de reconnaître leur rupture avec les prescriptions révélées et les missions prophétiques : ils s’en flattent et l’érigent en titre de gloire.
Deuxièmement : l’affirmation de Sa seigneurie — exalté soit-Il — implique qu’Il agisse selon Sa volonté, Son libre choix, Son administration et Sa toute-puissance. Il n’est ni rationnel ni conforme à la nature d’attribuer la seigneurie au soleil du fait de sa lumière, à l’eau en raison de sa fraîcheur, ou à la végétation qui en provient ; pas plus qu’il n’est concevable de reconnaître quelque seigneurie que ce soit à ce qui ne possède aucun pouvoir. N’est-ce pas, au fond, proclamer la négation même de la seigneurie ?
Ainsi, ces gens ont parlé par sous-entendu aux esprits frustes, tandis qu’ils se sont exprimés explicitement devant ceux qui comprennent.
Troisièmement : l’affirmation de Sa royauté. Prétendre qu’un règne revienne à qui n’a ni acte ni volonté est dénué de sens ; en réalité, toute créature douée de volonté, de choix et d’action jouit d’une propriété plus complète que pareille « royauté ». « Celui qui crée est-il semblable à celui qui ne crée rien ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? » (16 : 17).
Quatrièmement : puisqu’Il est Celui dont on recherche le secours, il est absurde de solliciter l’aide d’un être dépourvu de choix, de volonté et de puissance.
Cinquièmement : puisqu’Il est Celui que l’on prie de guider Ses serviteurs, adresser une requête à ce qui est privé de tout libre arbitre est également absurde ; il en va de même du fait qu’Il est le Bienfaiteur…
Section
Sur le fait que la sourate comporte aussi une réfutation de ceux qui nient que Sa science — exalté soit-Il — embrasse les réalités singulières, et cela sous plusieurs aspects :
Le premier : la perfection de Sa louange. Comment, en effet, Celui qui ne connaîtrait rien du monde, de ses états ni de ses détails, qui ignorerait le nombre des sphères et celui des étoiles, qui ne distinguerait pas ceux qui Lui obéissent de ceux qui Lui désobéissent, ni ceux qui L’invoquent de ceux qui ne L’invoquent pas, mériterait-Il la louange ?