Onzième bénéfice : cette sourate renferme deux sortes d’informations :
- le désaveu du Prophète — paix et bénédiction sur lui — à l’égard de leurs divinités, et leur propre désaveu du Dieu qu’il adore ; cet état de fait est permanent ;
- l’annonce selon laquelle la religion qui est la sienne lui appartient, tandis qu’eux ont la leur.
Cette prise de distance équivaut-elle à un simple laisser-faire, à un silence à leur sujet, de sorte qu’elle serait abrogée par le « verset du sabre », ou bien se limite-t-elle à quelques mécréants seulement ? Ou encore, le verset conserve-t-il sa portée générale et sa règle, sans abrogation ni restriction ?
Ainsi, dix questions se posent dans cette sourate ; nous n’en avons traité qu’une, à savoir l’emploi de mâ à la place de man.
Abordons donc les neuf autres, en sollicitant la faveur d’Allah, en implorant Son secours et Sa puissance et en Lui demandant de nous préserver de l’erreur. Tout ce qui, dans nos propos, est juste vient de Lui, sans associé, et tout ce qui est fautif vient de nous et de Satan ; Allah et Son Messager s’en désavouent.
Deuxième question : quel est l’intérêt de la répétition des verbes ? Plusieurs réponses ont été avancées.
Première explication : la parole « Je n’adore pas ce que vous adorez » nie cet acte au présent et pour l’avenir ; son pendant « Vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore » signifie : vous ne le ferez pas. L’énoncé « Et moi, je ne suis pas adorateur de ce que vous avez adoré » signifie que, même avant la révélation, je ne l’ai jamais fait ; c’est pourquoi le passé est employé : « ce que vous avez adoré », comme s’il disait : « je n’ai jamais adoré ce que vous avez adoré ». Et la phrase « Et vous, vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore » lui répond : vous n’avez jamais, par le passé, adoré ce que j’adore de façon permanente.
Dès lors, il n’y a en réalité aucune répétition : les versets couvrent l’ensemble des formes de négation — passé, présent et futur — de son culte et du leur, dans la formulation la plus concise, la plus brève et la plus limpide qui soit. Voilà, si Allah le veut, l’analyse la plus pertinente ; tenons-nous-en à celle-ci et ne nous perdons pas dans d’autres interprétations, car les opinions