Sourate « Al-Kâfirûn » — « Les Mécréants »
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
(Versets 3 à 6)
3) « Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore ;
4) et moi, je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez ;
5) et vous ne serez jamais adorateurs de ce que j’adore.
6) À vous votre religion, et à moi la mienne. »
La particule « mā » conserve ici son sens premier, car elle se rapporte, sans restriction, à Celui qu’il adore — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. En vérité, s’ils se refusent à adorer Allah, ce n’est pas par répulsion envers Son essence ; ils s’imaginent même L’adorer, alors qu’en réalité ils L’ignorent. L’énoncé : « et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore » signifie donc : « vous n’adorez pas mon Dieu ». Quant au Prophète, il Le connaît, tandis qu’eux L’ignorent ; tel est l’avis de certains exégètes.
D’autres estiment que « mā » est ici une particule masdariyya, exprimant l’idée verbale plutôt qu’un relatif, le sens devenant alors : « vous ne pratiquez pas mon culte ». Or, déclarer qu’ils sont étrangers à sa manière d’adorer reviendrait, par voie de conséquence, à les déclarer étrangers à l’Objet de cette adoration, puisque le culte se rapporte à Lui. Cette interprétation n’est guère recevable : l’intention est de proclamer son désaveu de leurs divinités et de leur signifier qu’eux-mêmes se tiennent à l’écart de son Dieu, exalté soit-Il. Le propos vise donc la divinité, non l’acte d’adorer.
On a encore avancé qu’ils cherchaient avant tout à le contredire — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — par jalousie envers lui et par orgueil à l’idée de le suivre ; s’ils refusent d’adorer son Dieu, ce n’est pas par aversion pour la Divinité elle-même, mais par hostilité à devoir suivre son exemple prophétique.