qui concernera tout un chacun, sans qu’il en ait jamais fait l’expérience ici-bas. Et dans la parole : « Vous saurez bientôt », rien n’implique l’entrée en Enfer, encore moins d’y séjourner éternellement. De même, voir la Géhenne n’entraîne pas nécessairement d’y pénétrer : les gens rassemblés sur l’esplanade du Jugement la contempleront de leurs propres yeux, et le Seigneur — exalté soit-Il — a juré que toute la création, croyants et mécréants, justes et pervers, la verrait immanquablement : « Il n’est aucun d’entre vous qui n’y passera ; tel est, pour ton Seigneur, un décret irrévocable » (19:71).
Il n’est donc rien, dans l’ensemble de cette sourate, qui restreigne la portée universelle de son adresse.
Quant à ce que l’on rapporte d’al-Hasan : « Seuls les gens de l’Enfer seront interrogés à propos des bienfaits », c’est absolument infondé — que ces propos lui soient attribués ou qu’ils émanent réellement de lui ; les hadiths authentiques et explicites le réfutent. Allah accorde la réussite.
Il va de soi qu’une sourate d’une pareille importance, avec la vigueur de sa mise en garde, l’avertissement qu’elle adresse à l’homme contre l’accumulation qui le distrait, et le fait que son sens s’applique à la majorité des créatures, ne saurait être réservée, du début à la fin, aux seuls mécréants ; une telle restriction lui conviendrait mal.
Il suffit, pour s’en convaincre, de méditer les hadiths remontant au Prophète qui la commentent. Allah est plus savant.
Réfléchis en outre à ce blâme adressé à celui qui a laissé l’accumulation l’absorber toute sa vie, jusqu’à « visiter les tombes », sans jamais s’éveiller de son sommeil d’insouciance : l’accroissement a endormi son cœur, et il ne s’est réveillé qu’au sein de l’armée des morts.
Mets cette situation en parallèle avec l’état de la plupart des gens ; il devient évident que c’est bien l’universalité qui est visée.
Observe encore comment le Très-Haut a lié le blâme et la menace à l’accumulation en tant que telle, sans préciser l’objet de la rivalité, de sorte que toutes les formes de surenchère propres à ce monde — quelles qu’en soient les catégories et les espèces — entrent dans le champ du verset.
Par ailleurs, le terme takâthur appartient à la forme morphologique « tafā‘ul » : il désigne la volonté, pour chacune des parties en compétition, de surpasser l’autre, d’être plus nombreuse ou mieux pourvue que lui dans ce qui fait l’objet de la rivalité. Ce qui la pousse à agir ainsi, c’est l’illusion que