de dattes encore fraîches qui commençaient à mûrir, et d’une eau douce. "Craindrais-tu que nous soyons questionnés, au Jour de la Résurrection, au sujet de pareils bienfaits ?" demanda-t-il. Le Messager d’Allah ﷺ répondit : « Cela ne concerne que les mécréants. » Puis il récita (34 : 17) : « Ne rétribuons-Nous ainsi que le grand ingrat ? »
Al-Wâḥidî déclare : « Le sens apparent étaye cette opinion, car toute la sūra s’adresse aux polythéistes et les menace. Le contexte la confirme également : les mécréants n’ont pas acquitté le droit des bienfaits octroyés, puisqu’ils ont associé des partenaires à leur Seigneur et adoré d’autres que Lui. Il est donc juste qu’on les interroge sur ces faveurs, pour les blâmer : ont-ils accompli leur devoir ou ont-ils bafoué le droit de la grâce ? Ensuite, ils seront châtiés pour avoir refusé de remercier le Bienfaiteur en affirmant Son unicité. »
Il ajoute : « Tel est aussi le sens de la parole de Muqātil, et c’est l’avis d’al-Ḥasan : nul ne sera interrogé sur les bienfaits hormis les gens du Feu. »
Je dis : ni le libellé du verset, ni la sunna authentique, ni même la raison n’exigent de réserver l’interpellation aux mécréants. Bien au contraire, le texte, la sunna explicite et la réflexion indiquent que l’adresse est générale et vise quiconque s’est laissé distraire par la quête du surcroît ; rien ne justifie donc de la limiter à une catégorie particulière de ces gens.
Le Prophète ﷺ l’a confirmé en récitant cette sūra : « Le fils d’Adam dit : “Mon bien ! mon bien !” Or, de ta fortune, ne possèdes-tu vraiment que ce que tu as mangé et consumé, ou ce que tu as porté et usé… »— hadith authentifié par Muslim. Celui qui tient de tels propos peut fort bien être musulman… ou mécréant.
La preuve en est également les hadiths déjà cités, les questions que les Compagnons posèrent au Prophète ﷺ et l’interprétation globale qu’ils en retirèrent, puisqu’ils lui dirent : « De quel bienfait serons-nous donc interrogés, alors qu’il ne s’agit que des deux noirs ? » Si le discours avait concerné exclusivement les mécréants, il leur aurait répondu : « Pourquoi vous en préoccuper ? Cela ne vise que les mécréants. »
Les Compagnons ont ainsi compris que l’avertissement est général, les hadiths l’affirment explicitement, et Celui à qui le Coran fut révélé a confirmé cette compréhension.