Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

de dattes encore fraîches qui commençaient à mûrir, et d’une eau douce. "Craindrais-tu que nous soyons questionnés, au Jour de la Résurrection, au sujet de pareils bienfaits ?" demanda-t-il. Le Messager d’Allah ﷺ répondit : « Cela ne concerne que les mécréants. » Puis il récita (34 : 17) : « Ne rétribuons-Nous ainsi que le grand ingrat ? »

Al-Wâḥidî déclare : « Le sens apparent étaye cette opinion, car toute la sūra s’adresse aux polythéistes et les menace. Le contexte la confirme également : les mécréants n’ont pas acquitté le droit des bienfaits octroyés, puisqu’ils ont associé des partenaires à leur Seigneur et adoré d’autres que Lui. Il est donc juste qu’on les interroge sur ces faveurs, pour les blâmer : ont-ils accompli leur devoir ou ont-ils bafoué le droit de la grâce ? Ensuite, ils seront châtiés pour avoir refusé de remercier le Bienfaiteur en affirmant Son unicité. »

Il ajoute : « Tel est aussi le sens de la parole de Muqātil, et c’est l’avis d’al-Ḥasan : nul ne sera interrogé sur les bienfaits hormis les gens du Feu. »

Je dis : ni le libellé du verset, ni la sunna authentique, ni même la raison n’exigent de réserver l’interpellation aux mécréants. Bien au contraire, le texte, la sunna explicite et la réflexion indiquent que l’adresse est générale et vise quiconque s’est laissé distraire par la quête du surcroît ; rien ne justifie donc de la limiter à une catégorie particulière de ces gens.

Le Prophète ﷺ l’a confirmé en récitant cette sūra : « Le fils d’Adam dit : “Mon bien ! mon bien !” Or, de ta fortune, ne possèdes-tu vraiment que ce que tu as mangé et consumé, ou ce que tu as porté et usé… »— hadith authentifié par Muslim. Celui qui tient de tels propos peut fort bien être musulman… ou mécréant.

La preuve en est également les hadiths déjà cités, les questions que les Compagnons posèrent au Prophète ﷺ et l’interprétation globale qu’ils en retirèrent, puisqu’ils lui dirent : « De quel bienfait serons-nous donc interrogés, alors qu’il ne s’agit que des deux noirs ? » Si le discours avait concerné exclusivement les mécréants, il leur aurait répondu : « Pourquoi vous en préoccuper ? Cela ne vise que les mécréants. »

Les Compagnons ont ainsi compris que l’avertissement est général, les hadiths l’affirment explicitement, et Celui à qui le Coran fut révélé a confirmé cette compréhension.

وبسر قد ذنّب، وماء عذب أتخاف علينا أن يكون هذا من النعيم الذي نسأل عنه؟ فقال رسول الله ﷺ: إنما ذلك للكفار، ثم قرأ ٤٣: ١٧ وَهَلْ نُجازِي إِلَّا الْكَفُورَ؟. وقال الواحدي: والظاهر يشهد بهذا القول. لأن السورة كلها خطاب للمشركين وتهديد لهم. والمعنى أيضا يشهد بهذا القول، وهو أن الكفار لم يؤدوا حق النعيم عليهم، حيث أشركوا بربهم وعبدوا غيره، فاستحقوا أن يسألوا عما أنعم به عليهم، توبيخا لهم، هل قاموا بالواجب فيه، أم ضيعوا حق النعمة؟ ثم يعذبون على ترك الشكر بتوحيد المنعم. قال: وهذا معنى قول مقاتل، وهو قول الحسن. قال: لا يسأل عن النعيم إلا أهل النار. قلت: ليس في اللفظ ولا في السنة الصحيحة، ولا في أدلة العقل ما يقتضي اختصاص الخطاب بالكفار، بل ظاهر اللفظ، وصريح السنة والاعتبار: يدل على عموم الخطاب لكل من اتصف بأنه ألهاه التكاثر. فلا وجه لتخصيص الخطاب ببعض المتصفين بذلك. ويدل على ذلك: قول النبي ﷺ عند قراءة هذه السورة «يقول ابن آدم: مالي مالي، وهل لك من مالك إلا ما أكلت فأفنيت؟ أو لبست فأبليت- الحديث» وهو في صحيح مسلم . وقائل ذلك قد يكون مسلما. وقد يكون كافرا. ويدل عليه أيضا: الأحاديث التي تقدمت، وسؤال الصحابة النبي ﷺ، وفهمهم العموم، حتى قالوا له «وأي نعيم نسأل عنه، وإنما هو الأسودان» فلو كان الخطاب مختصا بالكفار لبين لهم ذلك. وقال: مالكم ولها؟ إنما هي للكفار. فالصحابة فهموا العموم، والأحاديث صريحة في التعميم. والذي أنزل عليه القرآن أقرهم على فهم العموم.

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