pour ce dont ils n’ont aucune capacité, pour ce qui ne relève pas de leur fait ; tout cela se trouve pour eux au même titre que leurs couleurs, leur taille, leur haute ou petite stature. Or, selon cette théorie, Il les châtierait pour l’acte même qu’Il accomplit en eux : en vérité, ce serait Lui l’auteur de leurs turpitudes, et pourtant Celui qui les en punit. Sa louange, cependant, rejette pareille idée avec la plus grande vigueur et l’exclut absolument ; exalté soit Celui à qui appartient toute louange, infiniment au-dessus d’une telle absurdité ! En réalité, Il ne les châtie que pour leurs propres actes, ceux qu’ils ont bel et bien accomplis. Ces actes sont les leurs, non les Siens ; Ses actes à Lui ne sont que justice, bienfaisance et bienfaits.
Deuxième aspect : l’affirmation de Sa miséricorde et de Sa Rahmâniyya contredit cette doctrine. Il est, en effet, impossible de concilier deux choses : qu’Il soit Tout-Miséricordieux, Très-Miséricordieux, et qu’Il punisse le serviteur pour ce dont celui-ci est incapable, pour ce qui n’est pas son œuvre ; qu’Il lui impose ce qu’il ne peut supporter, ce sur quoi il n’a absolument aucun pouvoir, puis qu’Il le sanctionne pour cela. N’est-ce pas l’antithèse même de la miséricorde, sa négation et son anéantissement ? Est-il concevable, pour quiconque raisonne sainement, d’unir en une seule et même essence une miséricorde parfaite et un tel comportement ?
Troisième aspect : le fait que l’adoration et la demande de secours soient attribuées aux serviteurs eux-mêmes par leurs propres paroles : « Nous T’adorons et nous implorons Ton secours », constitue une attribution réelle, non métaphorique. Allah ne saurait, en effet, être qualifié par l’adoration ni par l’imploration, qui sont des actes de Ses créatures ; c’est le serviteur, à proprement parler, qui adore et demande aide, tandis qu’Allah est l’Adoré et Celui dont on recherche le secours.
Section
Sur le fait que la sourate renferme également une réfutation de ceux qui soutiennent la production nécessaire par l’Essence, sans choix ni volonté, et sur la démonstration qu’Il est, exalté soit-Il, un Agent doué de volonté et de libre choix.
Cela se manifeste de plusieurs manières :
La première réside dans l’affirmation de Sa louange ; car comment Le louerait-on pour ce dont Il ne décide pas l’existence, ce qui ne procède ni de Sa volonté ni de Son acte ? Louerait-on l’eau pour les effets qui découlent nécessairement de sa nature ?