à son Seigneur. Ce qu’Allah a proscrit, en réalité, c’est d’imiter Jonas dans la cause qui l’a conduit à prononcer cette invocation : son départ courroucé, qui eut pour conséquence son enfermement dans le ventre du Poisson et la dureté de l’épreuve jusqu’à ce qu’il appelât son Seigneur alors qu’il était oppressé. Les termes « kadhîm » et « kâzim » désignent celui qui est rempli de colère et de fureur – ou de ces deux sentiments mêlés à la tristesse – mais qui les retient sans les laisser éclater.
Objection : dans ce cas, quel mot gouverne le complément circonstanciel ?
Réponse : c’est la notion verbale implicite que contient l’expression « l’homme du Poisson ».
Nouvelle objection : la difficulté demeure, car lorsqu’une défense est restreinte par une précision de temps ou d’état, celle-ci entre dans le champ de l’interdiction. Si donc le sens était : « Ne sois pas comme l’homme du Poisson dans cette situation ou à ce moment-là », il s’agirait bien d’une prohibition visant cet état précis.
Réponse : l’invocation de Jonas étant la conséquence de sa condition d’« homme du Poisson », Allah a interdit que l’on lui ressemble dans l’état qui l’a fait tomber sous la prise du Poisson et l’a contraint à appeler, à savoir la faiblesse de résolution et l’absence de patience face au jugement divin. Il n’a pas dit : « Ne sois pas comme l’homme du Poisson lorsqu’il partit irrité, que le Poisson l’avala puis qu’il appela… » ; Il a plutôt passé l’histoire sous silence, l’a abrégée et renvoyé à l’autre passage où elle est rapportée, se contentant de son aboutissement.
Nouvelle objection : pourquoi ne pas remplacer le complément circonstanciel par l’action même qui fait l’objet de la défense ? Autrement dit : « Ne sois pas comme lui dans son appel quand il est rempli de fureur, d’angoisse et de chagrin ; que ton appel soit plutôt celui d’un homme satisfait du décret de son Seigneur, qui l’accueille avec agrément, soumission et largeur de cœur, non l’appel d’un oppressé intérieurement. »
Réponse : bien que cette idée soit correcte, l’interdiction ne porte pas sur le seul fait de l’imiter dans son appel. Elle concerne le fait de l’imiter dans l’état qui l’a poussé à partir irrité, jusqu’à ce qu’il soit emprisonné dans le ventre du Poisson.
La preuve en est la parole du Très-Haut : « Patiente donc face au jugement de ton Seigneur », puis Il dit : « Et ne… »