Sourate Nûn
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
[Surat al-Qalam (68) : verset 48]
« Tiens-toi donc ferme face au jugement de ton Seigneur, et ne sois pas comme l’homme du Poisson lorsqu’il appela, accablé qu’il était. » (48)
Ibn ʿAbbâs explique : Allah lui a interdit de ressembler à l’homme du Poisson, parce que celui-ci ne sut pas patienter comme le font les Messagers doués de ferme résolution.
Une question utile se pose ici : quel verbe commande le complément circonstanciel « lorsqu’il appela » ? Il ne peut s’agir du verbe visé par la défense, car le sens deviendrait : « Ne sois pas comme lui dans son appel ». Or Allah, exalté soit-Il, a loué précisément cet appel et rapporté qu’Il l’en a délivré. Il dit :
21:87, 88 : « Et Dhu’n-Nûn (Jonas), lorsqu’il s’en alla courroucé et pensa que Nous n’avions pas pouvoir sur lui ; il invoqua, dans les ténèbres : “Il n’est d’autre divinité que Toi ; Gloire à Toi ! J’ai vraiment été du nombre des injustes.” Nous l’exauçâmes alors, et Nous le sauvâmes de son angoisse ; c’est ainsi que Nous délivrons les croyants. »
Dans le recueil d’at-Tirmidhî et ailleurs, le Prophète ﷺ a dit : « L’invocation de mon frère Dhu’n-Nûn lorsqu’il pria dans le ventre du poisson : nul affligé ne la prononce sans qu’Allah ne le soulage. » – “Il n’est d’autre divinité que Toi ; Gloire à Toi ! J’ai vraiment été du nombre des injustes.”
Il est donc impossible que l’on interdise d’imiter Jonas dans cette supplication, laquelle est précisément l’appel qu’il lança.