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[Sourate at-Tahrim (66) : verset 11]
« Allah a proposé en parabole, pour ceux qui croient, l’épouse de Pharaon, lorsqu’elle dit : “Seigneur, bâtis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis ; délivre-moi de Pharaon et de ses agissements, et sauve-moi de ce peuple injuste.” » (66:11)
Quant aux deux paraboles destinées aux croyants, la première est donc celle de l’épouse de Pharaon. Le sens de cette parabole est que la relation qui lie un croyant à un mécréant ne lui nuit en rien, pourvu qu’il se démarque de son incroyance et de ses œuvres. La désobéissance d’autrui n’infligera aucun tort, dans l’au-delà, au croyant obéissant, même s’il en souffre ici-bas lorsque le châtiment général frappe les habitants de la terre pour avoir négligé l’ordre d’Allah. Ainsi, l’épouse de Pharaon ne fut nullement lésée par son union avec lui — alors qu’il était parmi les pires des mécréants — tandis que l’attachement qui unissait les épouses de Noé et de Loth à deux messagers du Seigneur des mondes ne leur apporta aucun avantage.
La seconde parabole adressée aux croyants est celle de Marie, qui n’eut pour époux ni croyant ni mécréant.
Sont donc évoquées trois catégories de femmes : 1) la mécréante liée à un homme pieux, 2) la croyante liée à un homme mécréant, 3) la femme célibataire dépourvue de tout lien conjugal.
– La première ne retirera aucun profit de son lien et de sa parenté ;
– la deuxième ne subira aucun préjudice du fait de ce lien et de cette parenté ;
– la troisième, enfin, ne sera nullement lésée par l’absence de tout lien.
Ces paraboles recèlent par ailleurs des subtilités admirables qui s’accordent parfaitement avec le propos de la sourate : celle-ci traite des épouses du Prophète ﷺ, les met en garde contre le fait de se liguer contre lui et leur rappelle que, si elles n’obéissent pas à Allah et à Son Messager et ne recherchent pas la demeure dernière, leur lien avec le Messager d’Allah ﷺ ne leur sera d’aucun secours — pas plus qu’il n’a profité à l’épouse de Noé ou à celle de Loth.
Yahya ibn Sallam a dit : « Par la première parabole, Allah avertit ‘Aïcha et Hafsa ; par la seconde, Il les incite à persévérer dans l’obéissance. »
[Sourate at-Tahrim (66) : verset 12]
« … et Marie, fille d’Imrân, qui préserva sa chasteté ; Nous insufflâmes alors en elle quelque chose de Notre Esprit ; elle crut aux paroles de son Seigneur et à Ses Écritures, et elle faisait partie des dévoués. » (66:12)
Le choix de Marie comme parabole pour les croyants apporte encore une autre leçon : les calomnies que les ennemis d’Allah parmi les juifs lancèrent contre elle, ainsi que les accusations qu’ils formulèrent à son encontre et à celle de son fils, ne lui causèrent aucun tort auprès d’Allah, pas plus que