Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

leur ressemblent parmi les qadarites (qadariyya), car ces derniers reconnaissent, aux côtés d’Allah, l’existence d’un autre créateur – même s’ils n’affirment pas qu’il Lui soit l’égal. Les qadarites d’obédience mazdéenne vont plus loin : ils soutiennent qu’il existe, en plus d’Allah, d’autres créateurs des actes. Selon eux, ces actes n’entrent ni dans la puissance d’Allah, ni dans Son acte créateur ; ils surgissent sans Sa volonté, hors de Sa capacité, et ce n’est pas Lui qui a fait de leurs auteurs des exécutants ; ce sont, disent-ils, les créatures elles-mêmes qui se sont érigées en agents, voulant et agissant de leur propre chef.

Or, la seigneurie absolue, totale et englobante qu’Allah exerce sur l’univers réduit à néant toutes ces assertions : elle implique en effet qu’Il est le Seigneur de tout ce qui s’y trouve – essences, attributs, mouvements et œuvres.

En vérité, la doctrine des qadarites mazdéens revient à prétendre qu’Allah, exalté soit-Il, n’est pas le Seigneur des actes des êtres vivants ; Sa seigneurie ne les concernerait pas. Comment les concernerait-elle, disent-ils, puisqu’ils n’entrent ni dans Sa puissance, ni dans Sa volonté, ni dans Sa création ?

Pourtant, le fait qu’Allah soit loué d’une louange universelle implique qu’Il soit loué pour les obéissances de Ses créatures, car c’est Lui qui les leur facilite et leur accorde la réussite ; c’est Lui qui les a voulues d’eux, comme Il l’a déclaré à plusieurs reprises dans Son Livre : « Vous ne pouvez vouloir que si Allah veut [Lui-même] » (Coran 76, 30). Il mérite donc d’être loué pour avoir voulu ces actes pour eux et pour les avoir rendus capables de les accomplir par Sa puissance et Sa volonté ; en vérité, la louange Lui revient à Lui seul.

Eux, au contraire, soutiennent que la louange revient aux créatures pour ces œuvres ; c’est à elles qu’il faudrait rendre grâce pour l’acte même, et Allah, selon leur conception, ne mérite aucune louange ni pour la réalisation de l’acte, ni pour la récompense et la rétribution qu’Il y attache.

Ils avancent deux justifications : premièrement, disent-ils, l’acte procède d’eux et non de Lui ; deuxièmement, la récompense leur est due, comme un salaire est dû à un salarié : c’est leur droit exclusif, la contrepartie qu’ils ont, selon eux, « négociée » avec Lui «1».

Quant à la parole : « C’est Toi [Seul] que nous implorons pour être secourus » (Coran 1, 5), elle constitue à elle seule une réfutation éclatante de leur position. En effet, l’on ne sollicite l’assistance d’Allah que pour une chose qui est entre Ses mains, sous Sa puissance et Sa volonté. Comment Celui qui détient l’acte – qui le crée s’Il veut et le laisse inexistant s’Il veut – demanderait-Il de l’aide à quelqu’un dont l’acte n’est pas dans la main, ni dans la puissance, ni dans la volonté ?

«1» Autrement dit, une prétendue transaction où ils auraient ‘acheté’ la récompense par leur propre œuvre.

(1) « ʿIwad » (la compensation) est le singulier de « aʿwâḍ ». On en forme les verbes ʿâḍahu, aʿâḍahu, ʿawwaḍahu (verbe : taʿwîḍ) et ʿâwaḍahu, signifiant tous : « il lui a donné une compensation ».
ضاهاهم من القدرية، فإنهم يثبتون مع الله خالقا آخر، وإن لم يقولوا: إنه مكافئ له، والقدرية المجوسية تثبت مع الله خالقين للأفعال، ليست أفعالهم مقدورة لله، ولا مخلوقة لهم، وهي صادرة بغير مشيئته ولا قدرة له عليها، ولا هو الذي جعل أربابها فاعلين لها، بل هم الذين جعلوا أنفسهم شائين مريدين فاعلين. فربوبية العالم الكاملة المطلقة الشاملة تبطل أقوال هؤلاء كلهم لأنها تقتضي ربوبيته لجميع ما فيه من الذوات والصفات والحركات والأفعال. وحقيقة قول القدرية المجوسية: أنه تعالى ليس ربا لأفعال الحيوان، ولا تناولتها ربوبيته وكيف تتناول ما لا يدخل تحت قدرته ومشيئته وخلقه؟ مع أن في عموم حمده ما يقتضي حمده على طاعات خلقه، إذ هو المعين عليها والموفق لها، وهو الذي شاءها منهم، كما قال في غير موضع من كتابه وَما تَشاؤُنَ إِلَّا أَنْ يَشاءَ اللَّهُ فهو محمود على أن شاءها لهم، وجعلهم فاعليها بقدرته ومشيئته، فهو المحمود عليها في الحقيقة. وعندهم: أنهم هم المحمودون عليها، ولهم الحمد على فعلها، وليس لله حمد على نفس فاعليتها عندهم، ولا على ثوابه وجزائه عليها. أما الأول: فلأن فاعليتها بهم لا به، وأما الثاني: فلأن الجزاء مستحق عليه استحقاق الأجرة على المستأجر، فهو محض حقهم، الذي عاوضوه «١» عليه. وفي قوله: وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ رد ظاهر عليهم. إذا استعانتهم به إنما تكون عن شيء هو بيده وتحت قدرته ومشيئته، فكيف يستعين من بيده الفعل وهو موجده، إن شاء أوجده وإن شاء لم يوجده، بمن ليس ذلك الفعل بيده ولا هو داخل تحت قدرته ولا مشيئته.
(١) العوض واحد الأعواض تقول منه عاضه وأعاضه وعوضه تعويضا وعاوضه أعطاه العوض.

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