Sourate as-Saff
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
[Sourate as-Saff (61), verset 5]
« Et lorsque Moïse dit à son peuple : « Ô mon peuple, pourquoi me tourmentez-vous alors que vous savez, certes, que je suis le Messager d’Allah envoyé à vous ? » Puis, lorsqu’ils s’écartèrent, Allah détourna leurs cœurs ; et Allah ne guide pas les gens pervers. » (5)
Par ailleurs, concernant Ses serviteurs croyants, Allah rapporte qu’ils Lui demandèrent d’être affermis sur la voie droite en disant :
[3 : 8] « Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés. »
Le terme zaygh (déviation) renvoie originellement à l’idée de penchant ; on dit ainsi zâghat ach-chams lorsque le soleil penche vers l’ouest. Détourner le cœur (izâghat al-qalb) consiste donc à le faire pencher loin de la guidée, et son zaygh est son inclination de la voie droite vers l’égarement.
Le mot zaygh s’emploie aussi bien pour le cœur que pour la vue, comme dans la parole du Très-Haut : [33 : 10] « … lorsque les regards dévièrent et que les cœurs remontèrent jusqu’aux gorges… »
Qatâda et Muqâtil ont dit : « Leurs yeux se figèrent, par crainte. » Il ne s’agit là que d’une approximation du sens, car la fixité (shukhûs) n’est pas la même chose que la déviation (zaygh) : elle consiste à ouvrir grand les yeux, rivés sur l’objet, sans cligner.
De là l’expression : « le regard du mourant se fige ».
Ainsi, lorsque les regards se détournèrent de toute autre chose pour ne plus se poser que sur ces ennemis qui arrivaient sur eux de tous côtés, ils cessèrent de voir quoi que ce soit d’autre ; ils s’en étaient détournés.