être qualifié de « parole blâmable », car seule une affirmation – un khabar – peut être ainsi réprouvée.
Deuxièmement : Il l’a qualifiée de « zur » ; or le zur est le mensonge. Si Allah les déclare menteurs, c’est bien la preuve que le ẓihâr est un énoncé informatif, non un performatif.
Troisièmement : le ẓihâr est interdit, et la raison exclusive de cette interdiction est qu’il constitue un mensonge.
La preuve de son interdiction repose sur cinq points :
- il est qualifié de parole blâmable ; 2) il est qualifié de mensonge ; 3) une expiation a été instituée pour le lever, or ce qui est licite ne requiert aucune expiation ; 4) Allah a dit : « Voilà ce dont on vous exhorte », et l’exhortation ne concerne pas ce qui est permis ; 5) Sa parole : « Allah est, certes, Pleinement Indulgent, Grand Pardonneur », alors que l’indulgence et le pardon ne s’appliquent qu’au péché.
Si vous soutenez malgré tout qu’il s’agit d’un simple khabar, cette thèse est irrecevable pour plusieurs raisons.
Premièrement : à l’époque préislamique, le ẓihâr tenait lieu de divorce ; en Islam, Allah en a fait une interdiction qui se lève par l’expiation – point sur lequel les savants s’accordent. Or un pur énoncé informatif ne saurait produire une interdiction : s’il est véridique, il n’entraîne rien ; s’il est mensonger, il est d’autant moins concevable qu’il engendre une sanction légale.
Deuxièmement : la simple formulation du ẓihâr produit d’elle-même son effet juridique – l’interdiction des rapports –, ce qui est l’essence même d’un inshâʾ. À l’inverse, un khabar n’a pas d’effet juridique intrinsèque. Nier ici le caractère performatif, alors que son effet l’atteste, revient à réunir deux contraires.
Troisièmement : la formule « Tu es pour moi comme le dos de ma mère » induit l’interdiction tout comme « Tu es affranchie », « Tu es répudiée », « Je te vends », « Je mets en gage », « Je t’épouse », etc., produisent leurs effets respectifs. Comment donc admettre que ces dernières sont des actes performatifs et refuser ce statut au ẓihâr ? Quelle différence y a-t-il ?
On répond : les jurisconsultes déclarent bien que le ẓihâr est un inshâʾ ; seuls quelques auteurs tardifs ont contesté cela, affirmant que la position correcte serait d’y voir un khabar.