Sourate al-Hadîd
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Surate al-Hadîd (57), verset 27]
« Puis Nous avons fait succéder à leurs traces Nos messagers ; Nous avons fait succéder Jésus fils de Marie, à qui Nous avons donné l’Évangile. Nous avons mis dans le cœur de ceux qui l’ont suivi douceur et miséricorde. Quant au monachisme, c’est eux qui l’ont innové ; Nous ne le leur avions nullement prescrit – ils ne le firent que pour rechercher l’agrément d’Allah –, mais ils ne l’observèrent pas comme il convenait de l’observer. Nous avons donc accordé leur récompense à ceux d’entre eux qui crurent, tandis que nombre d’entre eux sont des pervers. » (27)
Le terme « rahibâniyatan » (le monachisme), à l’accusatif, est analysé comme une construction d’« occupation » (ishtighâl) avec le verbe ibtadaʿûhâ. D’après les Kûfiens, il dépend directement de ce verbe exprimé ; selon les Basriens, il dépend d’un verbe sous-entendu, explicité par le même verbe ibtadaʿûhâ, autrement dit : « et ils ont innové un monachisme ». Il n’est donc pas à l’accusatif parce que l’action de « Nous avons mis » (jaʿalnâ) porterait sur lui. Le plein arrêt se situe à « wa-raḥmah » (« et miséricorde »), puis l’on reprend : « wa-rahibâniyatan ibtadaʿûhâ », c’est-à-dire : « Nous ne la leur avons pas prescrite, Nous ne l’avons pas écrite pour eux ; ils l’ont inventée d’eux-mêmes. »
Quant à la mise à l’accusatif de l’expression « illâ ibtighâʾa riḍwânillâh » (« sinon pour rechercher l’agrément d’Allah »), trois opinions ont été avancées.
- On y voit un complément circonstanciel de but (mafʿûl lahu), ce qui donnerait : « Nous ne la leur avions prescrite que pour qu’ils recherchent l’agrément d’Allah. »
Cette interprétation est invalide, car – exalté soit-Il – Il ne la leur a pas prescrite. Il vient en effet de déclarer qu’eux-mêmes l’avaient innovée ; c’est donc une pratique nouvelle, non une prescription révélée.