— et Allah est le plus savant — la préposition « li » figure dans la Parole du Très-Haut : « Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre glorifie Allah » (57 : 1). Ici, le tasbîḥ visé correspond à la prosternation, l’humilité et l’obéissance. Jamais, nulle part, le Coran ne dit : « sabbaḥa Allâha… », sans cette préposition, alors qu’Il déclare ailleurs : « À Allah se prosternent ceux qui sont dans les cieux et sur la terre » (13 : 15).
Médite encore cette parole du Très-Haut : « Ceux qui sont auprès de ton Seigneur ne s’enflent pas d’orgueil devant Son culte ; ils Le glorifient et, pour Lui, se prosternent » (7 : 205). Pourquoi a-t-Il dit « ils Le glorifient » après avoir mentionné explicitement la prosternation ? Parce que, cette fois, le tasbîḥ désigne le rappel verbal et la proclamation de Sa transcendance.
56 : 79
« Ne le touchent que les purifiés. »
L’opinion la plus juste est que le verset parle des feuillets que tiennent les anges, et ce, pour plusieurs raisons :
- Le Coran les qualifie de « gardés » (maknûn) ; or, n’est gardé et soustrait aux regards que ce qui se trouve dans les feuillets détenus par les anges.
- Il est dit : « ne le touchent que les muṭahharûn », c’est-à-dire « ceux qui ont été purifiés », en l’occurrence les anges. S’il s’était agi des croyants en état d’ablution, le terme approprié aurait été mutaṭahhirûn (« ceux qui se purifient »), comme dans : « Allah aime ceux qui se repentent et aime ceux qui se purifient » (2 : 222). Les anges sont muṭahharûn (« purs par essence »), tandis que les croyants, lorsqu’ils se lavent, deviennent mutaṭahhirûn (« purifiés par acte »).
- Le verset rapporte un fait ; s’il constituait un interdit, le verbe serait au jussif : « qu’il ne le touche pas ». La forme indicative confirme qu’il s’agit bien d’une information.
- Enfin, c’est une réfutation de ceux qui prétendaient que Satan avait apporté ce Coran : Allah annonce qu’il est contenu dans un Livre gardé, hors d’atteinte des démons, comme Il le dit encore : « Les démons ne sont pas descendus avec lui ; il ne leur convient pas et ils n’en sont pas capables. Ils sont, en vérité, tenus à l’écart de toute écoute » (26 : 210-212). Seules des âmes pures peuvent y accéder.