Et que celui qui ne perçoit pas cette évidence par sa raison ni par sa disposition primordiale les tienne toutes deux pour défaillantes.
Une fois cette parole réfutée, se trouve du même coup réfutée la doctrine des athées partisans de la wahdat al-wujûd (l’unicité de l’existence). Selon eux, il n’existe pas, d’un côté, un Être éternel créateur, et, de l’autre, un être contingent créé ; l’existence même de cet univers serait l’essence de l’existence de Dieu et la réalité de ce monde. Dès lors, chez ces gens-là, il n’y a ni Seigneur et serviteur, ni Maître et possédé, ni Miséricordieux et bénéficiaire de la miséricorde, ni adorateur et adoré, ni solliciteur d’aide et secouru, ni guide et guidé, ni bienfaiteur et gratifié, ni courroucé et objet de courroux. Le Seigneur serait, à les entendre, l’âme même du serviteur et sa réalité ; le possesseur, l’identique du possédé ; le miséricordieux, l’identique du miséricordié ; l’adorateur, l’identique de l’adoré. Toute distinction n’est, pour eux, qu’une considération mentale liée aux manifestations et aux épiphanies de l’Essence : tantôt elle se montre sous la forme d’un être adoré – ainsi sous l’apparence de Pharaon –, tantôt sous la forme d’un esclave – ainsi dans la figure des serviteurs –, tantôt sous la forme d’un guide – ainsi dans la personne des prophètes, des envoyés et des savants. Tout procède d’une unique source ; mieux, il ne s’agit que d’une seule et même réalité. Ainsi la réalité, l’existence, l’ipséité de l’adorateur seraient la réalité, l’existence, l’ipséité de l’adoré. De bout en bout, la Fatiha démontre la fausseté et l’égarement de ces impies.
Section
Quant à ceux qui admettent l’existence du Seigneur – exalté soit-Il – comme Créateur du monde, ils se divisent en deux catégories.
La première nie qu’Il soit distinct de Ses créatures ; ils déclarent qu’Il n’est ni séparé ni immergé, ni à l’intérieur du monde ni à l’extérieur, ni au-dessus ni au-dessous, ni à sa droite ni à sa gauche, ni derrière lui ni devant lui, ni en lui ni en dehors de lui.
La Fatiha contient une réfutation de ces propos sous deux aspects :
- Elle affirme la seigneurie – exalté soit-Il – sur l’univers. Or la seigneurie pure implique, de par l’essence même, que le Seigneur est distinct du monde, tout comme Il S’en distingue par Sa seigneurie, par Ses attributs et par Ses actes. Celui donc qui