Le second sens renvoie à la distinction de l’Essence dès lors que l’on envisage ce qui en est séparé. Ainsi, quand on dit : « La science d’Allah » ou « la parole d’Allah est autre que Lui » et que l’on entend par là qu’elles diffèrent de l’Essence dépourvue de science et de parole, le sens est juste, mais l’énoncé, pris sans précision, est blâmable. En revanche, prétendre que Sa science et Sa parole sont distinctes de la réalité propre par laquelle Il se singularise par rapport à tout autre est faux aussi bien dans la forme que sur le fond.
C’est sur cette base que les gens de la sunna ont répondu aux Muʿtazilites partisans de la création du Coran ; ils ont affirmé que la parole d’Allah entre dans la portée de Son Nom. En effet, « Allah » désigne l’Essence pourvue des attributs de perfection, parmi lesquels figure l’attribut de parole, tout comme Sa science, Sa puissance, Sa vie, Son ouïe et Sa vue, qui ne sauraient être créés. Or le Coran est Sa parole et, en tant que telle, l’un de Ses attributs ; il renferme donc Ses Noms les plus beaux. Dès lors, si le Coran est incréé et si l’on ne dit pas qu’il est autre qu’Allah, comment pourrait-on soutenir qu’une partie de ce qu’il contient – à savoir Ses noms – serait créée et distincte de Lui ?
Ainsi la vérité s’est manifestée, par la grâce d’Allah, l’ambiguïté a été levée et l’on comprend que Ses plus beaux Noms, mentionnés dans le Coran, relèvent de Sa parole. Or Sa parole est incréée ; on ne dira donc ni qu’elle est autre que Lui, ni qu’elle est Lui-même.
Cette position diffère à la fois de celle des Muʿtazilites, qui prétendent que Ses noms – exalté soit-Il – sont autres que Lui et créés, et de l’avis de ceux qui leur ont répliqué en soutenant que Son nom est identique à Son Essence, sans aucune distinction. C’est par ces distinctions que les ambiguïtés se dissipent et que la vérité apparaît ; louange à Allah.
Deuxième argument qu’ils avancent : Allah – exalté soit-Il – dit : 55:78 « Béni soit le Nom de ton Seigneur », 73:8 « Évoque le Nom de ton Seigneur », et 87:1 « Glorifie le Nom de ton Seigneur, le Très-Haut ». En réalité, cet argument se retourne contre eux, et non en leur faveur, car le Prophète – paix et bénédictions sur lui – mit ces versets en pratique en disant : « Gloire à mon Seigneur le Très-Haut, gloire à mon Seigneur le Tout-Grand » et non : « Gloire au nom de mon Seigneur le Tout-Grand ».