Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Quant à cette « chose nommée » – le référent et la signification – le vocable qui la désigne, à savoir la suite de lettres zâʾ, yâʾ et dâl, constitue le nom (ism).

Or ce même vocable devient, à son tour, un « nommé » (musammâ), dès lors que le mot formé de hamza, sîn et mîm – i-s-m – sert d’expression pour le désigner.

Il apparaît donc clairement que le nom, dans son institution première, n’est pas le nommé. C’est pourquoi l’on dit : « J’ai nommé cette personne par ce nom », tout comme l’on dit : « Je l’ai parée de cet ornement. »

De même que l’ornement (ḥilya) est distinct de la personne parée, le nom est distinct de ce qu’il nomme. Sîbawayh l’a énoncé explicitement ; ceux qui lui attribuent une autre opinion et prétendent qu’il les identifie se trompent.

Ce qui a abusé ceux qui lui imputent cette méprise est sa phrase : « Les verbes sont des schèmes tirés de l’énoncé des faits exprimés par les noms. » Cela ne contredit nullement son texte antérieur où il affirme que le nom diffère du nommé. Il déclare en effet : « La parole (kalim) se divise en nom, verbe et particule », montrant ainsi que le nom est un mot. Comment le mot serait-il le nommé alors que le nommé est une personne ? Plus loin, il ajoute : « Tu dis : j’ai nommé Zayd par ce nom, de même que tu dis : je l’ai marqué par ce signe. »

Dans son ouvrage, on lit près d’un millier de fois que le nom est le vocable qui renvoie au nommé. Chaque fois qu’il parle du génitif, de l’accusatif, du tanwîn, de l’article lâm, ou de toute augmentation et diminution, du diminutif, de l’augmentatif, de l’inflexion ou de la construction, il s’agit toujours d’accidents du nom ; rien de tout cela ne concerne le nommé. Jamais aucun grammairien ni aucun Arabe n’a dit que le nom est le nommé. Ils disent : « un terme fixé (ajal musammâ) », jamais « ajal ism » ; « le nommé de ce nom est ceci », jamais « le nom de ce nom » ; « cet homme est nommé Zayd (hâdhâ musammâ bi-Zayd) », non « cet homme est le nom de Zayd » ; « bi-smi Allâh, Au nom d’Allah », et non « bi-musammâ Allâh ».

Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « J’ai cinq noms. » Il serait incorrect de dire : « J’ai cinq entités nommées. »

Il a dit encore : « Nommez-vous de mon nom. » Il serait inexact de dire : « Nommez-vous de mes nommés. »

Et il a dit : « Allah possède quatre-vingt-dix-neuf noms. » Il serait faux de dire : « Allah possède quatre-vingt-dix-neuf nommés. »

وهذا المسمى والمعنى. واللفظ الدال عليه، الذي هو الزاى والياء والدال: هو الاسم. وهذا اللفظ أيضا قد صار مسمى، من حيث كان لفظ الهمزة والسين والميم: عبارة عنه. فقد بان لك أن «الاسم» في أصل الوضع ليس هو المسمى. ولهذا تقول: سميت هذا الشخص بهذا الاسم، كما تقول: حلّيته بهذه الحلية. والحلية غير المحلى، فكذلك الاسم غير المسمى. وقد صرح بذلك سيبويه. وأخطأ نسب إليه غير هذا، وادعى أن مذهبه: اتحادهما. والذي غرّ من ادعي ذحك: قوله: الأفعال أمثلة، أخذت من لفظ أحداث الأسماء. وهذا لا يعارض نصه قبل هذا. فإنه نص على أن الاسم غير المسمى. فقال «الكلم اسم، وفعل، وحرف» فقد صرح بأن الاسم كلمة. فكيف تكون الكلمة هي المسمى. والمسمى شخص؟ ثم قال بعد هذا: تقول سميت زيدا بهذا الاسم، كما تقول: علمته بهذه العلامة. وفي كتابه قريب من ألف موضع: أن الاسم هو اللفظ الدال على المسمى. ومتى ذكر الخفض أو النصب، أو التنوين، أو اللام، أو جميع ما يلحق الاسم من زيادة ونقصان، وتصغير وتكبير، وإعراب وبناء- فذلك كله من عوارض الاسم: تعلق لشيء من ذلك بالمسمى أصلا. وما قال نحوي قط ولا عربي: إن الاسم هو المسمى. ويقولون: أجل مسمى. ولا يقولون أجل اسم. ويقولون: مسمى هذا الاسم كذا. ولا يقول أحد: اسم هذا الاسم، ويقولون: هذا مسمى بزيد. ولا يقولون: هذا الرجل اسم زيد. ويقولون: باسم الله، ولا يقولون: بمسمى الله. وقال رسول الله ﷺ «لي خمسة أسماء» ولا يصح أن يقال: لي خمس مسميات. وقال: «فتسموا باسمي» ولا يصح أن يقال: تسموا بمسمياتي. وقال «لله تسعة وتسعون اسما» ولا يصح أن يقال: لله تسعة وتسعون مسمى.

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