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Quant à l’exposé détaillé, il consiste à connaître les doctrines fallacieuses et à montrer comment les paroles de la Fatiha les réfutent. Nous disons donc :
Les hommes se divisent en deux catégories : ceux qui reconnaissent la Vérité – exalté soit-Il – et ceux qui la nient. La Fatiha affirme l’existence du Créateur – exalté soit-Il – et réfute le négateur en établissant Sa seigneurie sur les mondes. Contemple l’univers, du plus haut au plus bas de ses plans, dans toutes ses composantes ; tu le trouveras témoignant de son Auteur, de Celui qui l’a façonné et en est le Souverain. Nier son Créateur dans l’intellect et dans la nature innée équivaut à nier l’existence même de la connaissance ; il n’y a, pour ainsi dire, aucune différence. En réalité, pour les intelligences pures, lumineuses et élevées ainsi que pour les dispositions saines, la manière dont le Créateur atteste de la créature, l’Agent de l’acte et l’Artisan de l’ouvrage, est plus manifeste que l’inverse.
Ainsi les connaisseurs, gens de clairvoyance, prennent Dieu pour preuve de Ses actes et de Son œuvre, alors que la plupart des gens déduisent Dieu de Ses œuvres et de Ses actes. Les deux voies sont sans conteste valides ; chacune est vraie, et le Coran les englobe toutes deux.
Les exhortations à raisonner à partir de l’ouvrage sont légion, tandis que raisonner à partir de l’Artisan revêt, lui, une portée particulière. C’est à cette seconde voie que les messagers ont fait allusion lorsqu’ils dirent à leurs peuples (14 : 10) : « Y a-t-il un doute au sujet d’Allah ? » – autrement dit : peut-on vraiment douter d’Allah au point de réclamer une preuve de Son existence ? Quel indice pourrait être plus solide et plus évident que ce qui est ainsi désigné ? Comment peut-on vouloir démontrer l’évidence par ce qui est moins évident ? Puis ils dirigèrent l’attention vers ce signe en déclarant : « Créateur des cieux et de la terre ».
J’ai entendu Shaykh al-Islam Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya – qu’Allah sanctifie son âme – dire : « Comment exiger une preuve de Celui qui est la preuve de toute chose ? » Il citait souvent ce vers :
« Rien ne subsisterait dans les esprits
si le jour lui-même avait besoin d’une preuve. »
Il est notoire que, pour l’intellect et pour la nature innée, l’existence du Seigneur – exalté soit-Il – est plus manifeste encore que la pleine clarté du jour.