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Quant au terme ʿabqarī, Abû ʿUbaydah déclare : « Tout tapis relève du ʿabqarī. » Il ajoute : « On pense qu’il s’agit d’une contrée où l’on brode les tapis. » Al-Layth précise de son côté qu’ʿAbqar est un endroit du désert très fréquenté par les djinns, d’où l’expression : « On dirait un djinn d’ʿAbqar. »
Abû ʿUbaydah rapporte encore, au sujet du hadith dans lequel le Prophète — paix et bénédictions sur lui — évoqua ʿUmar : « Je n’ai jamais vu d’ʿabqarī accomplir ce qu’il accomplit. »
On explique l’origine de cette formule par le fait qu’elle renvoie à ʿAbqar, pays habité par les djinns ; elle est donc devenue proverbiale pour tout ce qui se rattache à une dignité élevée. Zuhayr y fait allusion dans ce vers :
« On eût cru posé dessus un bouclier ʿabqarī ;
Un jour, ils seront dignes de le saisir et de s’en servir. »
Abû ’l-Ḥasan al-Wâḥidî estime que cette interprétation est la plus juste concernant ʿabqarī.
En effet, lorsque les Arabes poussent l’éloge d’une chose à l’excès, ils l’attribuent aux djinns ou la leur comparent. Ainsi Labîd dit :
« Démons de la mort, leurs pieds ancrés comme des pieux. »
Et tel autre, décrivant une femme :
« Une génie que des djinns initient
À percer les cœurs d’un arc sans corde. »
Les Arabes prêtent en effet aux djinns toutes les qualités prodigieuses, convaincus qu’ils accomplissent les actes les plus étonnants. Or, ʿAbqar étant réputé pour être leur demeure, tout objet que l’on magnifie outre mesure leur est attribué, comme pour dire qu’il est l’œuvre de leurs mains ; tel est le sens premier. Par la suite, ʿabqarī est devenu l’épithète de tout ce dont on exalte la perfection.
Le vers de Zuhayr cité plus haut confirme notre propos, puisqu’il relie les djinns à ʿAbqar.
Nous constatons d’ailleurs qu’on rapporte à ʿAbqar bien d’autres choses que les tapis et les étoffes ; ainsi, lorsqu’on fit l’éloge de ʿUmar, on le qualifia d’« ʿabqarī ». S-Salama rapporte qu’al-Farrâ disait : « Le ʿabqarī est l’homme avisé ; le terme s’applique aussi aux animaux ou aux joyaux de grande valeur. » Si ʿAbqar était limité