Le singulier est zarbiyya. Tel est l’avis unanime des philologues et des commentateurs, et l’expression « mabthûtha » signifie : « étalées, déployées ».
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S’agissant maintenant du terme rafraf (pl. rafârif), al-Layth explique qu’il désigne une sorte d’étoffe verte que l’on étend ; le singulier est rafrafa. Abû ʿUbaydah déclare que les rafârif sont des tapis, et il cite ce vers d’Ibn Muqbil :
« Nous sommes de ceux qui descendent sans cesse, si bien que nos sandales
se couvrent de lambeaux de soieries et de rafraf. »
Abû Isḥâq rapporte qu’on entend ici par rafraf les jardins du Paradis ; d’autres y voient des coussins ; d’autres encore les maḥâbis (épais couvre-lits) ; d’autres enfin les bordures qui débordent de ces couvre-lits.
Al-Mubarrad précise qu’il s’agit des surplus d’étoffe que les rois disposent sur la literie ou ailleurs. Al-Wâḥidî juge cette explication la plus plausible, car les Arabes appellent rafraf la pièce de tenture ajoutée au bas d’une tente.
On lit ainsi, dans le récit de la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui — : « On souleva le rafraf et nous vîmes son visage tel une feuille blanche. »
Ibn al-Aʿrabi ajoute que, dans ce ḥadith, le rafraf est le rebord du grand pavillon (fusṭâṭ). On a donc assimilé le surplus des maḥâbis retombant sur le lit au bord de ce pavillon, d’où le même nom.
J’observe, pour ma part, que le mot renvoie originellement à l’idée de « bord » ou de « côté ». De là le rafraf d’un mur, la pièce déchirée d’une tente, les pans latéraux d’une cotte de mailles, chacun appelé rafrafa. On dit encore de l’oiseau qu’il rafrafa quand il fait battre ses ailes autour d’une chose avant de s’y poser. Par extension, le rafraf est aussi l’étoffe verte dont on fabrique les maḥâbis ; chaque pièce est une rafrafa. Tout excédent que l’on replie ou rabat reçoit pareillement le nom de rafraf.
Ibn Masʿûd, commentant la parole divine : « Il a bien vu certaines des plus grandes merveilles de son Seigneur » (Coran 53, 18), affirme : « Il a vu un rafraf vert qui emplissait l’horizon. » Ce propos est authentifié par les deux Ṣaḥîḥs.