Abû Isḥâq observe : ce verset prouve que le djinn peut, tout comme l’être humain, avoir commerce charnel.
Il atteste également qu’il s’agit bel et bien des houris créées au Paradis : le Très-Haut les a comptées parmi les délices qu’Il y a préparés pour ses hôtes – fruits, rivières, vêtements et autres bienfaits.
La preuve en est encore donnée par le verset suivant où Il dit : « des houris retenues sous les pavillons » (Coran 55, 72), puis : « aucun homme ne les a jamais touchées avant eux, pas plus qu’un djinn » (Coran 55, 74).
L’imâm Aḥmad ajoute : « Les houris aux grands yeux ne mourront pas lors du souffle dans la Trompe, car elles ont été créées pour demeurer éternellement. »
Ce verset constitue par ailleurs un argument en faveur de l’opinion majoritaire selon laquelle les djinns croyants entreront au Paradis, tandis que les djinns mécréants iront en Enfer. Al-Bukhârî intitule même un chapitre de son Ṣaḥîḥ : « Récompense et châtiment des djinns », et plusieurs Anciens l’ont expressément affirmé.
Interrogé à ce sujet, Ḍumrah ibn Ḥabîb répondit : « Oui, les djinns ont une récompense », puis il récita ce verset et conclut : « Les femmes humaines pour les humains, les femmes djinns pour les djinns. »
Mujâhid commente encore : « Si l’homme s’unit à son épouse sans prononcer le nom d’Allah, un djinn s’enroule autour de son sexe et copule avec lui. »
Dans l’expression divine « avant eux », le pronom renvoie à ceux que le verset décrit comme « reclinés », c’est-à-dire les époux de ces femmes.
[Coran 55, 58] « On dirait qu’elles sont rubis et corail. »
À propos de cette parole, al-Ḥasan et la majorité des exégètes expliquent qu’Allah veut associer la limpidité du rubis à la blancheur du corail ; Il compare ainsi l’éclat et la pureté de leur teint au rubis et au corail. Cela est corroboré par la parole d’Ibn Masʿûd : « Une femme des gens du Paradis portera soixante-dix parures de soie superposées, et l’on distinguera pourtant la blancheur de ses tibias à travers elles, car Allah dit : “On dirait qu’elles sont le rubis et le corail.” Sachez que le rubis est une pierre qui, même après y avoir passé un fil et l’avoir entièrement polie, laisse celui-ci visible derrière la pierre. »