Le lamam désigne un accès passager de folie. On dira d’un homme : « il est mulamm », c’est-à-dire touché par le lamam. On dit aussi : « Untel a subi une lammah des djinns » ; il s’agit alors d’un simple contact, de quelque chose de minime. Telle est la définition donnée par al-Jawharī.
J’ajoute que la racine du terme véhicule l’idée d’« approche ». De là la parole du Très-Haut : « Ceux qui se gardent des péchés majeurs et des turpitudes, à l’exception du lamam » (53 : 32), c’est-à-dire les fautes légères. Ibn ʿAbbâs – qu’Allah lui fasse miséricorde – a déclaré : « Je n’ai rien entendu qui illustre mieux le lamam que cette parole d’Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée : “L’œil commet la fornication et sa fornication est le regard ; la main commet la fornication et sa fornication est le geste ; le pied commet la fornication et sa fornication est la marche ; et la bouche commet la fornication et sa fornication est le baiser.” »
De là encore les expressions : « alamma telle chose », c’est-à-dire s’en approcher, ou « un garçon mulamm », c’est-à-dire proche de la puberté.
Dans le hadith : « Parmi ce que fait pousser la verdure printanière, il en est qui fait périr par indigestion ou youlamm », c’est-à-dire qui s’en rapproche, l’idée rejoint celle exprimée par la parole divine :
53 : 59-61 « Est-ce donc de ce discours que vous vous étonnez ? Vous riez sans pleurer, tandis que vous restez samidûn. »
ʿIkrima rapporte d’après Ibn ʿAbbâs que le mot samûd, dans l’idiome des Himyarites, signifie « chant » ; on dit : « asmidi lanâ », c’est-à-dire « chante pour nous ». Abû Zubayd a dit :
« Tel un murmure qui, là-bas, tient lieu de chant
pour les convives abreuvés, au buveur masmûd. »
Abû ʿUbayda explique : le masmûd est celui pour qui l’on chante. ʿIkrima ajoute : lorsque ces gens entendaient le Coran, ils se mettaient à chanter ; c’est alors que ce verset fut révélé.
Cela n’est nullement incompatible avec l’autre interprétation, selon laquelle le samûd signifie la distraction, l’insouciance à l’égard de la chose.
Al-Mubarrad dit, en effet, qu’il s’agit d’être détourné d’une affaire par un souci ou par une joie qui accapare, et il a cité ces vers :