Quinzièmement : Les compagnons ne le contestèrent jamais — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — au sujet d’une prétendue vision de son Seigneur ; de son côté, il ne leur en parla pas, afin justement qu’aucune polémique n’éclate à ce propos. Ils ne le mirent en cause que sur la vision des signes qu’Allah lui avait montrés. S’il leur avait annoncé qu’il avait vu le Seigneur — exalté soit-Il —, leur contestation à ce sujet eût été bien plus virulente que celle qu’ils élevèrent concernant la vision de créatures.
Seizièmement : Allah, exalté soit-Il, a confirmé la véracité de ce qu’il a vu et déclaré vaine la contestation de ses détracteurs par cette parole : « Il a certes vu les plus grands signes de son Seigneur. » Si ce qu’il avait contemplé avait été le Seigneur Lui-même et que la discussion eût porté là-dessus, Il aurait, à plus forte raison, entériné cette vision ; la situation l’exigeait d’autant plus. Allah sait infiniment mieux.
« Allez-vous donc le contester au sujet de ce qu’il voit ? » (53 : 12)
Quant au terme al-maʾwâ (le Refuge), il s’agit d’un nom de lieu sur le modèle maf‘al, dérivé du verbe awā yaʾwī : « se retirer vers un endroit, s’y rassembler et y demeurer ».
• ʿAṭāʾ rapporte d’Ibn ʿAbbâs : c’est le Jardin où se réfugient Gabriel et les anges.
• Selon Maqātil et al-Kalbī : c’est le Jardin où se rendent les âmes des martyrs.
• D’après Kaʿb : la « Jannat al-Maʾwâ » est un Paradis où voltigent des oiseaux verts, lieu de délectation des âmes des martyrs.
• ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — et Zir Ibn Hubaysh disent : c’est un Jardin parmi les Jardins.
L’opinion correcte est qu’al-Maʾwâ est un des noms du Paradis, comme l’affirme le Très-Haut : « Quant à celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur et se sera gardé de suivre ses passions, le Jardin sera pour lui le Refuge » (79 : 40-41). A propos du Feu, Il dit : « La Géhenne sera, certes, le Refuge » (79 : 39), et encore : « Votre refuge sera le Feu. »
« Ceux qui se gardent des péchés majeurs et des turpitudes, à l’exception des fautes vénielles ; ton Seigneur est vaste en pardon. Il vous connaît parfaitement depuis qu’Il vous a tirés de la terre et quand vous étiez des embryons dans les ventres de vos mères. Ne vous targuez donc pas de pureté ; Il connaît mieux que quiconque qui Le craint. » (53 : 32)