Neuvièmement : Le verset dit : « dhû mirra » ; or la mirra désigne une constitution harmonieuse et parfaitement façonnée. Le Coran met ainsi en avant la belle nature de celui qui enseigna le Prophète ﷺ, puis enchaîne tout le récit d’un seul tenant à son sujet.
Dixièmement : Si ce passage concernait le Seigneur — exalté soit-Il —, le Coran indiquerait que le Messager d’Allah ﷺ L’a vu à deux reprises : une fois à l’horizon et une autre près du lotus de l’extrême limite. Or, s’il en avait été ainsi, le Prophète n’aurait pas répondu à Abû Dharr, qui lui demanda : « As-tu vu ton Seigneur ? », par ces mots : « Lumière ; comment pourrais-je Le voir ? » Comment le Coran pourrait-il affirmer qu’il L’a vu deux fois, alors que le Messager d’Allah ﷺ dit : « Comment pourrais-je Le voir ? » Cette réplique est plus catégorique que la simple négation « Je ne L’ai pas vu », car, outre le refus, elle comporte une forme de reproche envers le questionneur, à l’image de quelqu’un à qui l’on demande : « Est-ce que telle chose a eu lieu ? » et qui répond : « Comment cela serait-il possible ? »
Onzièmement : Aucun nom du Seigneur ﷻ n’est mentionné avant la phrase : « Puis il s’approcha et descendit », de sorte que le pronom ne peut se rapporter à Lui ; il ne convient qu’à Son serviteur.
Douzièmement : Comment le pronom renverrait-il à un être qui n’est pas nommé et délaisserait-il celui qui l’est, alors que ce dernier est l’antécédent naturel ?
Treizièmement : Il est d’abord fait mention de « votre compagnon », et les pronoms qui suivent se rapportent correctement à lui ; puis vient « celui qui possède une force prodigieuse », « d’une belle constitution », et les pronoms qui suivent se rapportent pareillement à lui. Tout le récit porte donc sur ces deux envoyés explicitement identifiés : le messager angélique et le messager humain.
Quatorzièmement : Le Très-Haut déclare que celui qui « s’approcha puis descendit » se trouvait à « l’horizon le plus élevé », c’est-à-dire à l’horizon du ciel, voire juste en dessous. Il s’est alors rapproché de la terre et s’est penché vers le Messager du Seigneur des mondes ﷺ. Quant à la proximité et à la descente du Seigneur ﷻ mentionnées dans le hadith rapporté par Shurayk, elles eurent lieu depuis au-dessus du Trône, et non vers la terre.