Ils ajoutent : les paroles des salaf confirment cette interprétation. Saʿîd b. Jubayr rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Allah élève la descendance des croyants à leur degré, même si elle leur est inférieure en œuvres, afin que leurs yeux se réjouissent de les voir. » Puis il récita ce verset.
ʿAbdullâh b. Masʿûd a commenté le même passage : « Il arrive qu’un homme dispose d’un mérite acquis et qu’il ait une descendance ; il entre au Paradis, et celle-ci est hissée jusqu’à lui pour que son regard se réjouisse d’eux, quand bien même ils n’auraient pas atteint ce rang. »
Abû Mijlez a dit : « Allah les réunira auprès de lui, comme il aimait qu’ils soient réunis auprès de lui ici-bas. »
Al-Shaʿbî a déclaré : « Allah fait entrer la descendance au Paradis par le mérite des œuvres des pères. »
Al-Kalbî rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Si les pères occupent un rang plus élevé que leurs fils, Allah élève les fils jusqu’à leurs pères ; et si les fils ont un degré supérieur à celui des pères, Allah élève les pères jusqu’à leurs fils. »
Ibrâhîm a dit : « Ils reçoivent une récompense équivalente à celle de leurs pères, sans que les pères ne soient privés de la moindre part de leur propre salaire. »
Il poursuit : la justesse de cette opinion se voit encore au fait que les deux variantes de lecture fonctionnent comme deux versets distincts. Celui qui lit wa-ttabaʿat-hum dhurriyyatuhum (« et leur descendance les a suivis ») vise les adultes à qui l’on peut attribuer l’acte de « suivre », conformément à la parole du Très-Haut : 9:100 « Les tout premiers à devancer parmi les Émigrés et les Auxiliaires, ainsi que ceux qui les ont suivis avec excellence… ». Quant à la lecture wa atbaʿnâhum dhurriyyatahum (52:21 : « Nous les ferons rejoindre par leur descendance »), elle concerne les mineurs qu’Allah leur rattache par décret en matière de foi. Les deux lectures attestent donc les deux catégories.
Je dis : réserver ici le terme « descendance » aux enfants paraît plus clair, afin d’éviter que les derniers venus soient placés sur un pied d’égalité avec les pionniers dans les degrés du Paradis. Cette objection ne vaut pas pour les mineurs, car les enfants d’un homme et sa descendance se trouvent toujours avec lui dans son rang. Allah est plus savant.