qu’un rappel et un Coran explicite, afin qu’il avertisse celui qui est vivant — c’est-à-dire vivant de cœur.
Quant à Sa parole : « ou prête l’oreille », elle signifie qu’il dirige son ouïe et tend l’organe de l’écoute à ce qu’on lui dit ; telle est la condition pour que la parole produise son effet.
Et Sa parole : « tout en étant pleinement présent » veut dire que le cœur assiste à l’écoute, présent, non absent. Ibn Qutayba a dit : « Il écoute le Livre d’Allah tandis que son cœur et son intelligence sont témoins, ni distraits ni négligents. »
Le verset fait ainsi allusion à l’obstacle qui empêche l’effet : la distraction du cœur et son absence de compréhension, de réflexion et de méditation sur ce qu’on lui adresse.
Lorsque la cause agissante — le Coran — est présente, que le réceptacle apte — le cœur vivant — existe, que la condition — l’écoute attentive — est réunie, et que l’empêchement — l’occupation du cœur et son égarement loin du sens du discours au profit d’autre chose — est levé, l’effet se produit : on tire alors profit du Coran et l’on s’en souvient.
On pourrait objecter : puisque l’influence ne s’accomplit que par la réunion de tous ces éléments, pourquoi la particule « ou » figure-t-elle dans l’expression « ou prête l’oreille », alors qu’on attendrait la conjonction « et », propre à l’addition, et non « ou », qui distingue l’un des deux ?
C’est là une excellente question. La réponse est la suivante :
Le discours recourt à « ou » en fonction de la situation de l’interlocuteur. En effet, il est des gens dont le cœur est vivant et éveillé, dont la nature originelle est intacte ; lorsqu’ils méditent intérieurement et laissent leur pensée vagabonder, leur propre cœur les conduit à reconnaître l’authenticité du Coran, à admettre qu’il est la vérité, et il atteste ce qu’il annonce. L’arrivée du Coran sur leur cœur devient alors une lumière qui se superpose à la lumière de la nature originelle.
Tel est le portrait de ceux au sujet desquels il a été dit : (34 : 6) « Ceux à qui le savoir a été donné voient que ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur est la vérité. »
Et il a encore dit à leur propos : (24 : 35) « Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe ; la lampe est dans un verre ; le verre ressemble à un astre resplendissant, allumé à un arbre béni, un olivier, ni oriental ni occidental, dont l’huile semble éclairer sans même que le feu ne la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. »