qu’ils avaient menti, qu’ils avaient été trompés et dupés. Ô combien, là-bas, un savoir ne servira pas son détenteur, et une certitude n’arrachera pas à la perdition celui qui en est pénétré !
Il en va de même pour quiconque vise la plus haute des finalités et le plus noble des objectifs, mais qui n’y recourt pas par le moyen réellement conduisant à Allah ; il s’appuie plutôt sur un moyen qu’il croit efficace alors qu’il compte parmi les plus grands obstacles qui en éloignent. Son cas est identique au précédent : tous deux nourrissent une intention viciée, et nul remède à cette maladie si ce n’est le médicament que contient la parole : « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours. »
Ce remède est composé de six éléments :
[1] n’adorer qu’Allah, nul autre que Lui ;
[2] selon Son ordre et Sa Législation ;
[3] sans suivre les passions ;
[4] sans se fier aux opinions, usages, traditions et spéculations des hommes ;
[5] en sollicitant Son aide pour accomplir Son adoration ;
[6] non par la seule force, la seule puissance ou les seuls moyens du serviteur, ni par l’appui de quiconque en dehors de Lui.
Tels sont les éléments de « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours. » Lorsque le médecin bienveillant, connaisseur du mal, les assemble et que le malade les met en œuvre, la guérison parfaite s’ensuit. Toute imperfection dans cette guérison provient de l’absence d’un, de deux ou de plusieurs de ces éléments.
Par ailleurs, le cœur est exposé à deux maladies redoutables qui, si l’on n’y remédie pas, le conduisent immanquablement à la ruine : l’ostentation et l’orgueil. Le traitement de l’ostentation réside dans « C’est Toi que nous adorons », et celui de l’orgueil dans « C’est Toi dont nous implorons le secours ».
J’ai maintes fois entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya — qu’Allah sanctifie son âme — dire : « ʼIyâka na‘budu repousse l’ostentation, et ʼIyâka nasta‘în repousse l’orgueil. »
Lorsque donc l’on est guéri de l’ostentation par « C’est Toi que nous adorons » et de l’orgueil et de la vanité