sur eux la zakât (l’aumône légale) de leurs biens. Mais si tu ne vois rien de tel, agis à leur égard comme tu agis envers les mécréants. »
Khâlid se conforma à l’ordre, parvint chez eux à l’improviste, entendit l’appel à la prière du maghrib puis celui de l’ʿishâʾ, perçut leurs aumônes et ne trouva chez eux que soumission et bienveillance. Il retourna alors auprès du Messager d’Allah ﷺ et lui rapporta les faits. C’est à ce moment que fut révélé le verset 49 : 6 : « Ô vous qui croyez ! Si un dévoyé vous apporte une nouvelle, vérifiez-la bien. »
Le nabaʾ est une information tenue éloignée de l’auditeur lorsqu’elle revêt une certaine importance. Quant au tabayyun, il consiste à rechercher la réalité de cette information et à l’embrasser pleinement par la connaissance.
Voici une subtile leçon : le Très-Haut n’a pas ordonné de rejeter en bloc la nouvelle apportée par le pervers, de la déclarer mensongère et d’annuler son témoignage ; Il a seulement prescrit la vérification. Si des indices et des preuves extérieures établissent la véracité du propos, on s’y conforme, quel que soit celui qui l’a rapporté.
Il en va donc ainsi pour la narration ou le témoignage d’un pervers. Nombre de pervers disent vrai dans leurs informations, leurs récits ou leurs dépositions ; beaucoup même recherchent la véracité avec grand soin, leur perversité provenant d’autres aspects. On ne doit donc pas repousser systématiquement leur parole ni leur témoignage. Si l’on s’y refusait, nombre de droits seraient perdus et quantité de récits authentiques délaissés, surtout lorsque la perversité concerne principalement le mensonge : si celui-ci devient fréquent et dominant, l’on n’accepte plus ni sa parole ni son témoignage.
Si, en revanche, le mensonge ne survient qu’une fois ou deux, les savants divergent quant au rejet de son témoignage ou de son information ; deux avis sont rapportés à ce sujet de l’imâm Aḥmad (m. 241 H).
[49 : 12] « Ô vous qui croyez ! Évitez nombre de conjectures ; certaines conjectures sont péché. Ne vous espionnez pas les uns les autres et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Vous en auriez horreur ! Craignez Allah, car Allah accueille toujours le repentir et Il est Très Miséricordieux. » (12)