Sourate Muḥammad
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
[47 : 24] « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? Ou bien des verrous scellent-ils leurs cœurs ? »
Ibn ʿAbbâs commente : « Il s’agit des cœurs de ces gens-là, verrouillés comme tels. »
Muqâtil précise : « Cela signifie que le cœur est scellé. » Le cœur ressemble en effet à une porte fermée ; tant que l’on n’en retire pas le cadenas, il est impossible d’ouvrir la porte et d’accéder à ce qui se trouve derrière. De même, tant que le sceau et le verrou n’ont pas été ôtés du cœur, ni la foi ni le Coran n’y pénètrent.
Considère maintenant l’emploi indéfini du terme qulûb (des « cœurs ») et la forme définie d’aqfâlu-hâ (« leurs verrous ») grâce au pronom annexé. L’indétermination de « cœurs » montre qu’il est question précisément des cœurs de ceux qui possèdent cette caractéristique ; s’il avait été dit : « ou bien sur les cœurs sont-ils leurs verrous », les cœurs d’autrui n’auraient pas été inclus.
Quant au mot « leurs verrous », sa forme définie renforce le propos. S’il n’était question que de « verrous », l’esprit pourrait penser à ceux que l’on connaît habituellement sous ce nom. En les rattachant aux cœurs, on comprend qu’il s’agit de verrous propres au cœur, tout comme le cadenas l’est à la porte : des verrous spécifiques, qui ne sauraient appartenir à autre chose. Allah est le plus Savant.