Sourate al-Aḥqāf
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
[46 : 15] « Nous avons enjoint à l’être humain de témoigner de la bonté envers ses père et mère. Sa mère l’a porté dans la peine et l’a mis au monde dans la peine ; la grossesse et le sevrage durent trente mois. Puis, lorsqu’il atteint la plénitude de sa vigueur et qu’il parvient à quarante ans, il dit : “Seigneur, inspire-moi de Te rendre grâce pour le bienfait dont Tu m’as comblé, ainsi que mes parents, et de faire une œuvre vertueuse que Tu agrées ; améliore ma descendance. Je reviens vers Toi repentant et je fais partie des musulmans.” » (15)
Az-Zajjâj estime que l’expression « atteindre la vigueur » s’étend d’environ dix-sept à environ quarante ans.
Selon Ibn ʿAbbâs, dans le récit transmis par ʿAtâʾ, l’ashudd correspond à trente-trois ans ; dans une autre version, il est de trente ans. Ad-Đaḥḥâk le fixe à vingt ans, tandis que Muqâtil le situe à dix-huit ans.
Al-Azharî en a fourni l’explication la plus précise : parvenir à l’ashudd (la plénitude de la force) couvre la période qui va du moment où l’être humain devient adulte jusqu’à quarante ans ; c’est donc une étape intermédiaire entre la puberté et la quarantaine.
Sur le plan lexical, le terme dérive de shidda, qui signifie « force, robustesse ». Un homme shadîd est un homme vigoureux ; al-ashudd renvoie ainsi à l’état de pleine puissance.
Al-Farrâʾ note que, par analogie, son singulier devrait être shidd, mais il ne l’a jamais entendu en usage. Abû l-Haytham avance pour singulier shidda, sur le modèle de niʿma / anʿâm. D’autres grammairiens proposent shudd, avec ḍamma sur le shîn. Enfin, certains — rapportés par Ibn al-Anbârî — tiennent le mot pour un nom intrinsèquement singulier, dépourvu de forme de pluriel.