toutes sortes de fruits en toute quiétude. Ils n’y goûteront plus jamais la mort – si ce n’est la première mort qu’ils auront déjà connue – et Il les préservera du châtiment de la Fournaise.
Il leur a donc réuni la beauté du séjour et la sécurité qu’ils y trouvent contre toute chose détestable, l’abondance de fruits et de rivières, l’élégance des vêtements, la perfection de la compagnie lorsqu’ils seront assis les uns en face des autres, la jouissance complète offerte par les houris aux grands yeux, la possibilité d’appeler toutes sortes de fruits tout en étant sûrs qu’ils ne disparaîtront jamais, qu’ils ne leur causeront ni mal ni inconvénient ; et, pour parachever le tout, Il les a informés qu’ils n’y connaîtront plus la mort.
[Sourate ad-Dukhân (44) : 54]
« Ainsi, Nous les marierons à des houris aux grands yeux. » (54)
Le terme al-ḥūr est le pluriel de ḥawrâʾ : il désigne la jeune femme d’une grande beauté, au teint clair, dont le noir de l’œil est intensément prononcé. Zayd b. Aslam a dit : la ḥawrâʾ est celle devant laquelle le regard se perd. Quant au mot ʿayn, il renvoie à des yeux splendides. Mujâhid affirme que la ḥawrâʾ est celle qui déconcerte le regard par la finesse de sa peau et la limpidité de son teint. Al-Ḥasan dit : la ḥawrâʾ se caractérise par un blanc d’œil très pur et un noir extrêmement profond.
Les linguistes divergent sur l’étymologie de ce vocable. Ibn ʿAbbâs a déclaré : al-ḥawr, dans la langue des Arabes, signifie « la blancheur » ; Qatâda l’a confirmé : al-ḥawr désigne « les blanches » ; Maqâtil a précisé : al-ḥawr sont « les visages blancs ». Mujâhid a encore commenté : al-ḥūr al-ʿayn sont celles devant lesquelles le regard se trouble ; leurs mollets apparaissent à travers leurs vêtements, et l’observateur voit son propre reflet au centre de la poitrine de l’une d’elles, tant leur peau est fine et leur carnation limpide – ce qui s’accorde avec l’ensemble des sens mentionnés. Le terme ne provient donc pas de ḥayra (l’hésitation). L’origine de al-ḥawr est al-bayâḍ (la blancheur), et taḥwîr signifie « blanchir ». L’explication la plus juste est que al-ḥawr vient de al-ḥawr fî al-ʿayn, c’est-à-dire l’intensité du blanc de l’œil jointe à la profondeur de son noir ; il réunit ainsi les deux attributs.
Dans le Ṣiḥâḥ d’al-Jawharî, on lit : « al-ḥawr est l’intensité du blanc de l’œil associée à l’intensité de son noir ; on dit d’une femme qu’elle est ḥawrâʾ lorsqu’elle manifeste clairement cette caractéristique. » Abû ʿAmr a, pour sa part, affirmé : al-ḥawr consiste en ce que l’œil devienne entièrement noir, à l’image des yeux des gazelles et des bovins ; il n’existe pas, chez les êtres humains, de véritable ḥawr, et si l’on qualifie les femmes de ḥūr al-ʿayn, c’est qu’on les a comparées aux gazelles et aux bovins. Al-Aṣmaʿî a déclaré : « Je ne sais pas ce que signifie le ḥawr appliqué aux yeux. »
Je (l’auteur) dis : Abû ʿAmr s’est écarté de l’avis des spécialistes de la langue quant à l’étymologie de ce terme, et il a ramené al-ḥawr