[Sourate ash-Shûrâ (42) : verset 49]
« À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre ; Il crée ce qu’Il veut ; Il accorde à qui Il veut des filles et Il accorde à qui Il veut des garçons. » (49)
Le Très-Haut a réparti la situation des deux époux en quatre cas qui englobent toute la réalité, et Il a fait savoir que l’enfant qu’Il décrète entre eux est un don qu’Il leur accorde. Il suffit, pour qu’un serviteur s’expose à Sa réprobation, qu’il se montre mécontent de ce qu’Il lui a donné.
Il a, exalté soit-Il, commencé par mentionner les filles. On a dit : c’est par bienveillance à leur égard, afin que les parents les accueillent avec considération.
On a aussi avancé – et c’est l’explication la plus convaincante – qu’Il les a placées en premier parce que le fil du discours souligne qu’Il agit selon Sa volonté, non selon celle des parents ; or ces derniers ne désirent, le plus souvent, que des garçons, tandis que Lui affirme qu’Il crée ce qu’Il veut ; Il a donc débuté par la catégorie qu’Il veut, mais que les parents ne veulent pas.
Voici, pour ma part, un autre éclairage : Il – glorifié soit-Il – a mis au premier plan ce que la jâhiliyyah reléguait au dernier rang, à savoir les filles, comme pour montrer que ce type d’enfants que vous tenez pour méprisable et secondaire est, pour Moi, prioritaire dans l’énoncé.
Observe encore la finesse : Il a laissé les filles à l’état indéfini et défini les garçons, compensant ainsi la supposée déficience du féminin par la priorité, et la mise en second des garçons par la définition, car définir, c’est élever. C’est comme s’Il disait : « Il accorde, à qui Il veut, ces célèbres cavaliers, bien connus de vous. »
[Sourate ash-Shûrâ (42) : verset 50]
« Ou bien Il leur associe garçons et filles, et Il rend stérile qui Il veut. Il est, Lui, l’Omniscient, le Tout-Puissant. » (50)
Lorsqu’Il énonce les deux catégories ensemble, Il place les garçons en tête, de manière à donner à chacun des deux sexes sa part de priorité et de retard. Allah sait mieux ce qu’Il a voulu par là.
L’essentiel est que l’aversion éprouvée pour les filles relève des mœurs de la jâhiliyyah, dénoncées par Allah quand Il dit : 16:58 « Quand l’un d’eux reçoit l’annonce d’une fille, son visage s’assombrit et il étouffe sa colère ; il se cache des gens, honteux de la mauvaise nouvelle qu’il a reçue : la gardera-t-il dans l’opprobre ou l’enfouira-t-il dans… »