Le jour en question fut donc, pour eux, un jour de malheur, parce que le châtiment y fut déclenché ; autrement dit, il ne s’interrompt pas, il ne se lève pas de dessus eux comme s’effacent les tribulations d’ici-bas qui vont et viennent. Ce mauvais sort demeure au contraire de façon permanente sur ceux qui traitent les messagers de menteurs.
Le terme « mustamirr » (continu) est l’attribut du nahs, non du jour. Celui qui pense qu’il qualifie le jour – qu’il s’agirait d’un mercredi, le dernier du mois, et que ce mercredi serait à jamais un jour néfaste – se trompe et ne comprend pas le Coran. Le jour mentionné vaut par ce qui s’y produit : que de bienfaits Allah accorde à Ses alliés ce même jour, et que de calamités et de châtiments Il inflige à Ses ennemis, comme Il le fait durant d’autres jours ! La bonne ou la mauvaise fortune des jours tient donc à la bonne fortune des œuvres lorsqu’elles concordent avec l’agrément du Seigneur, tandis que l’infortune provient de la désobéissance à ce qu’ont apporté les messagers.
Un même jour peut être un jour de félicité pour un groupe et de malheur pour un autre ; le jour de Badr, par exemple, fut un jour heureux pour les croyants et funeste pour les mécréants.
Allah, le Très-Haut, dit (41:33) : « Et qui tient plus belle parole que celui qui appelle à Allah, accomplit une œuvre salutaire et dit : “Je suis, certes, du nombre des musulmans.” »
Il dit également (82:108) : « Dis : “Voici ma voie : j’appelle à Allah, avec clairvoyance, moi et ceux qui me suivent.” » Que l’on comprenne : « Moi et ceux qui me suivent appelons à Allah en pleine clairvoyance », ou que l’on fasse la pause après « j’appelle à Allah » puis que l’on reprenne : « avec clairvoyance, moi et ceux qui me suivent », les deux lectures se complètent : Allah a ordonné à Son Prophète d’annoncer que sa voie est l’appel à Allah. Quiconque appelle ainsi à Allah se trouve sur la voie de Son Messager – paix et salut sur lui –, agit en toute lucidité et fait partie de ses disciples. Celui qui appelle à autre chose n’est ni sur sa voie, ni éclairé, ni compté parmi ses suivants.
L’appel à Allah est la mission des envoyés et de leurs adeptes ; ceux-ci sont les successeurs des messagers au sein de leurs communautés et les gens se rangent derrière eux. Allah – qu’Il soit glorifié – a ordonné à Son Messager de transmettre ce qui lui fut révélé, tout en lui garantissant Sa protection et Son assistance face aux hommes.
Quant à ceux de sa communauté qui, après lui, transmettent son message, ils bénéficient, à la mesure de leur attachement à sa religion et de leurs efforts pour la diffuser, d’une part de la sauvegarde et de la préservation divines. Le Prophète – paix et salut sur lui – a enjoint de transmettre de lui ne fût-ce qu’un seul verset, et il a prié pour quiconque rapporte de lui ne serait-ce qu’un hadith.