Quant au Paradis, c’est la demeure de Dieu, la résidence de Sa munificence, le lieu réservé à Ses proches et à Ses alliés. Lorsque les bienheureux y parviennent, ils trouvent ses portes fermées ; ils implorent alors son Propriétaire et Maître de les ouvrir et sollicitent auprès de Lui l’intercession des messagers doués de ferme résolution. Tous se récusent jusqu’à ce que le choix se porte sur leur sceau, leur maître, le meilleur d’entre eux. Il déclare : « Je m’en charge. » Il se rend sous le Trône, se prosterne devant son Seigneur, et Celui-ci le laisse ainsi tant qu’Il veut. Puis Il l’autorise à relever la tête et à présenter sa demande ; le Prophète intercède alors auprès du Très-Haut pour l’ouverture des portes. Allah agrée son intercession et les ouvre, par égard pour la majesté de cette demeure et pour manifester la haute station de Son Messager et l’honneur qu’Il lui accorde.
Une résidence pareille, appartenant au Roi des rois, au Seigneur des mondes, n’est accessible qu’après d’immenses terreurs, dont la première saisit le serviteur dès qu’il prend conscience en ce monde jusqu’à ce qu’il atteigne le Jardin : il a dû franchir épreuve après épreuve, supporter tribulation après tribulation, jusqu’à ce qu’Allah, exalté soit-Il, permette au Sceau de Ses prophètes et messagers, la créature qu’Il aime le plus, d’intercéder pour qu’on leur en ouvre les portes. Voilà qui parachève la grâce et fait éclater la joie et l’allégresse bien mieux que tout autre scénario, afin que l’ignorant ne s’imagine pas que le Paradis ressemble à une auberge où quiconque entre à sa guise.
Le Jardin de Dieu est élevé et précieux ; entre lui et les hommes se dressent obstacles, déserts et périls qu’on ne surmonte qu’au prix de grands efforts. Quel droit peut donc revendiquer celui qui a suivi ses propres passions et nourri de vaines espérances vis-à-vis d’Allah sur une telle demeure ? Qu’il s’en détourne vers l’endroit qui lui conviendra mieux : il a, pour lui, déjà été créé et préparé.
Médite encore la manière dont les deux groupes sont conduits vers leurs demeures respectives en cohortes : vois la joie des premiers qui cheminent avec leurs frères, chaque cohorte à part, associés dans l’œuvre qu’ils ont accomplie ensemble, solidaires à l’intérieur de leur groupe, rayonnants et le cœur ferme, tout comme ils l’étaient en ce monde lorsqu’ils s’unissaient pour le bien ; ainsi s’égaient-ils les uns en compagnie des autres. De même, les gens de l’autre demeure sont poussés vers le Feu en cohortes ; ils se maudissent mutuellement et se causent du tort les uns aux autres – spectacle plus saisissant de honte, d’opprobre et d’humiliation que s’ils étaient conduits isolément.
Ne néglige donc pas, et réfléchis à Sa parole : zumaran (par cohortes), ainsi qu’à la parole des gardiens du Paradis à ses habitants : « Paix… »