Il a dit, à propos des gens du Paradis : « ḥattâ idhâ jâ’ûhâ wa futiḥat abwâbuhâ » — avec la conjonction wa.
Et, s’agissant du Feu, Il a dit : « ḥattâ idhâ jâ’ûhâ futiḥat abwâbuhâ » — sans la conjonction.
Un premier groupe a prétendu qu’il s’agit de la « wâw du huit » : elle figure devant les portes du Paradis parce qu’elles sont huit, tandis que les portes de l’Enfer sont sept, d’où l’absence de la conjonction. Cette opinion est faible, sans appui, inconnue des Arabes comme des maîtres de la langue, et n’est que l’inférence de quelques auteurs tardifs.
Un second groupe a soutenu que la wâw est superflue et que la réponse à la proposition conditionnelle est le verbe qui suit, comme dans le second verset. Cela est tout aussi faible : la présence d’une wâw redondante n’est pas attestée dans leur langage, et il ne sied pas au discours le plus sage de contenir une lettre inutile, dénuée de sens et d’avantage.
Un troisième groupe enfin a estimé que la réponse est sous-entendue, l’expression « wa futiḥat abwâbuhâ » se coordonnant à « jâ’ûhâ ». Tel est le choix d’Abû ʿUbayda, d’al-Mubarrad, d’az-Zajjâj et d’autres.
Al-Mubarrad a déclaré : « L’omission de la réponse est, pour les connaisseurs, plus éloquente. »
Abû’l-Fath Ibn Jinnî a dit : « Nos maîtres rejettent l’idée d’une wâw superflue ; ils ne l’autorisent pas et considèrent que la réponse est sous-entendue, car elle est évidente. »
Reste à demander : quel est donc le secret de cette suppression de la réponse dans le verset dédié aux gens du Paradis, tandis qu’elle est exprimée dans celui des gens du Feu ?
On répondra que c’est là, dans les deux contextes, l’expression la plus éloquente. En effet, les anges poussent les damnés jusqu’à l’Enfer tandis que ses portes sont fermées ; lorsqu’ils l’atteignent, celles-ci s’ouvrent soudain devant eux, et le châtiment les frappe à l’improviste : à l’instant même où ils arrivent, les portes s’ouvrent sans délai. Telle est la nature d’une rétribution conditionnée : qu’elle survienne aussitôt la condition réalisée.
L’Enfer est la demeure de l’humiliation et de la honte ; il n’est donc pas demandé pour eux d’autorisation d’y entrer, ni sollicité de ses gardiens qu’ils leur en permettent l’accès