[Sourate az-Zumar (39) : 62]
« Allah est le Créateur de toute chose ; Il est, sur toute chose, Garant. »
Les muʿtazilites ont voulu prouver, à partir de cette parole divine – « Créateur de toute chose » – et d’autres versets du même genre, que le Coran serait créé.
La majorité des théologiens leur a répondu qu’il s’agit d’une formule générale restreinte par une exception : le verset ne vise pas le point litigieux, et il en va de même pour les autres attributs, tels que la Science, et ainsi de suite.
Ibn ʿAqîl déclare dans « al-Irshâd » : « Il m’est venu à l’esprit que le Coran n’est pas visé par ces énoncés et qu’ils ne sauraient le concerner. En effet, c’est par lui que l’on affirme qu’Allah est le Créateur de toute chose ; or, ce qui sert de support à l’énoncé et à l’information ne peut entrer lui-même dans la portée de cet énoncé. »
Il ajoute : « Si quelqu’un disait : “Aujourd’hui, je ne prononcerai aucune parole qui ne soit mensonge”, la phrase par laquelle il l’affirme ne serait pas comprise dans ce qu’il vient d’annoncer. »
Je (l’auteur) dis : Après réflexion, j’ai trouvé la même idée exprimée dans le récit de Marie, au verset 19 : 26 :
« Si tu vois quelque être humain, dis : “J’ai voué au Tout-Miséricordieux un jeûne ; aujourd’hui je ne parlerai à aucun homme.” »
Elle reçut cet ordre afin qu’on ne l’interroge pas au sujet de son enfant. Son affirmation : « Aujourd’hui je ne parlerai à aucun homme » constitue bien l’information qu’elle ne s’adressera pas aux humains, mais l’énoncé même n’entre pas dans la portée de la déclaration ; autrement, sa parole aurait contrevenu à son vœu.
[39 : 73]
« Et ceux qui ont craint leur Seigneur seront conduits par groupes vers le Paradis ; lorsqu’ils y parviendront et que ses portes auront été ouvertes, ses gardiens leur diront : Paix sur vous ! Vous avez été bons ; entrez-y donc, pour y demeurer à jamais. »
L’entrée au Paradis est introduite par la particule fa (« alors »), qui indique le rapport de cause : « En raison de votre pureté, il vous est dit : Entrez », car cette demeure est celle des êtres purs ; nul ne peut y pénétrer s’il ne l’est.
Ibn al-Qayyim dit encore dans « Hâdî al-Arwâḥ » :