Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

se substitue à l’article alif-lām, en ce sens que les deux marques ne sauraient se cumuler ; de même, le second terme d’une iḍâfa (annexion) peut tenir lieu du tanwîn, et le tanwîn jouer le rôle de l’iḍâfa, selon un principe d’alternance et de succession. En disant : « ceci remplace cela », on n’entend donc pas que le substitut possède exactement le même contenu sémantique que l’élément remplacé ; chacun peut, au contraire, véhiculer une nuance qui fait défaut à l’autre.

Les Koufiens ont ainsi estimé que l’article alif-lâm, dans « les portes », suffit à dispenser du pronom, comme si l’on avait dit : « ses portes ». Cette explication est juste, car l’objectif est de relier l’attribut au sujet par un signe qui le rattache à celui-ci et l’empêche de se présenter comme autonome. Dès lors que le pronom renvoie au sujet décrit, il écarte l’idée d’une indépendance ; il en va de même pour la lâm de détermination : le pronom et l’article contribuent l’un et l’autre à spécifier leur terme respectif, le premier clarifiant ce qu’il représente, le second le nom qu’il introduit. Les grammairiens citent à ce propos l’expression : « Zayd, naʿma ar-rajul ! » (« Zayd, quel homme excellent ! »), où l’alif-lâm tient lieu du pronom. – Et Allah sait mieux.

Al-Zamakhsharî a proposé, pour ce verset, une analyse grammaticale qui a été contestée. Il expose : « jannât ʿadn » est défini en raison de la parole divine (19 : 61) : « des Jardins d’Éden que le Tout-Miséricordieux a promis à Ses serviteurs en leur absence » ; son accusatif s’expliquerait, selon lui, par le fait qu’il constitue un ʿaṭf bayân (apposition explicative) de l’expression « un lieu de retour splendide ». Quant à muftaḥatun (« ouvertes »), il le considère comme un complément circonstanciel, régi par la valeur verbale contenue dans al-muttaqîn (« les pieux »). Muftaḥatun, ajoute-t-il, renferme un pronom renvoyant aux jardins, et al-abwâb (« les portes ») est apposé à ce pronom par substitution d’inclusion (badal al-ichtimâl) ; on comprend : « muftaḥatun hiya al-abwâb » (« ouvertes : ce sont les portes »), à l’image de : « ḍaraba Zayd al-yad wa-r-rijl » (« Zayd frappa la main et le pied »). Telle est son analyse.

On lui a toutefois objecté que « jannât ʿadn » ne comporte, tel quel, aucun indice de détermination ; que la formule « allatî waʿada ar-Raḥmân ʿibâdahu » n’est qu’un badal (apposition), non un adjectif ; et qu’il est difficile, selon son propre raisonnement, de faire de « jannât ʿadn » un ʿaṭf bayân de « un lieu de retour splendide », car on ne trouve aucun partisan d’une apposition définie venant après une indéfinie. Deux seules positions existent : pour les Basriens, cette construction n’est admise qu’avec des termes définis ; pour les Koufiens et Abû ʿAlî al-Fârisî, elle est recevable aussi bien avec des définis qu’avec des indéfinis, pourvu qu’il y ait parfaite correspondance.

Quant à son affirmation selon laquelle muftaḥatun contiendrait un pronom renvoyant aux jardins, l’évidence semble contraire : c’est al-abwâb qui se trouve élevé (au nominatif) par ce terme, lequel, en réalité, ne comporte aucun pronom.

بدل من الألف واللام، بمعنى أنهما لا يجتمعان، وكذلك المضاف إليه يكون بدلا من التنوين والتنوين بدلا من الاضافة بمعنى التعاقب والتوارد. ولا يريدون بقولهم: هذا بدل من هذا: أن معنى البدل معنى المبدل منه، بل قد يكون في كل منهما معنى لا يكون في الآخر. فالكوفيون أرادوا أن الألف واللام في «الأبواب» أغنت عن الضمير أو قيل: أبوابها، وهذا صحيح. فإن المقصود الربط بين الصفة والموصوف بأمر يجعلها له، لا مستقلة. فلما كان الضمير عائدا على الموصوف نفي توهم الاستقلال وكذلك لام التعريف فإن كلا من الضمير واللام يعين صاحبه، هذا يعين مفسره وهذا يعين ما دخل عليه. وقد قالوا في زيد نعم الرجل: أن الألف واللام أغنت عن الضمير. والله أعلم. وقد أعرب الزمخشري هذه الآية إعرابا اعترض عليه فيه. فقال «جنات عدن» معرفة لقوله: ١٩: ٦١ جَنَّاتِ عَدْنٍ الَّتِي وَعَدَ الرَّحْمنُ عِبادَهُ بِالْغَيْبِ وانتصابها على أنها عطف بيان لَحُسْنَ مَآبٍ و «مفتحة» حال، والعامل فيها ما في «المتقين» من معنى الفعل. وفي «مفتحة» ضمير الجنات، والأبواب بدل من الضمير، تقديره: مفتحة هي الأبواب، كقولهم: ضرب زيد اليد والرجل. وهو من بدل الاشتمال. هذا إعرابه. فاعترض عليه بأن «جنات عدن» ليس فيها ما يقتضي تعريفها. وأما قوله «التي وعد الرحمن عباده» فبدل لا صفة. وبأن جنات عدن لا يسهل أن يكون عطف بيان لحسن مآب، على قوله. لأن جريان المعرفة على النكرة عطف بيان لا قائل به. فإن القائل قائلان. أحدهما: أنه لا يكون إلا في المعارف، كقول البصريين. والثاني: أنه يكون في المعارف والنكرات، بشرط المطابقة، كقول الكوفيين وأبي علي الفارسي. وقوله: إن في «مفتحة» ضمير الجنات. فالظاهر خلافه. فإن الأبواب ترتفع به ولا ضمير فيه.

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