– lorsqu’il se convertit : « Dis : Ô Allah, inspire-moi la rectitude et préserve-moi du mal de mon âme. » «1»
L’auteur de Manâzil considère en effet l’inspiration (ilhâm) comme la station des inspirés (muḥaddathûn). Il ajoute qu’elle surpasse la perspicacité intuitive (firâsa), parce que celle-ci n’apparaît que rarement ; elle peut même, un temps, se dérober ou résister à son détenteur, tandis que l’inspiration n’intervient qu’à un degré déjà bien établi.
J’observe pour ma part que le taḥdîth est plus spécifique que l’inspiration : l’inspiration est accordée à tous les croyants à la mesure de leur foi, car tout croyant reçoit d’Allah la guidance qui l’a conduit à la foi. Quant au taḥdîth, le Prophète ﷺ a dit à son sujet : « S’il y a, dans cette communauté, quelqu’un [qui en soit doté], c’est ʿUmar. » Il entendait par là les muḥaddathûn. Le taḥdîth est donc une inspiration particulière : une forme de révélation adressée à d’autres qu’aux prophètes.
Cette révélation peut viser des personnes légalement responsables, comme dans la parole d’Allah (28 : 7) : « Nous révélâmes à la mère de Moïse : “Allaite-le.” » ou encore (5 : 111) : « Et [rappelle-toi] quand J’ai révélé aux apôtres : “Croyez en Moi et en Mon messager.” » Elle peut aussi atteindre des êtres non responsables, ainsi qu’il est dit (16 : 69) : « Ton Seigneur inspira à l’abeille : “Prends des demeures dans les montagnes, les arbres et les treillages qu’ils élèvent.” » – tout cela relève de la révélation inspirée.
S’il place l’inspiration au-dessus de la firâsa, il s’appuie sur le fait que la firâsa n’apparaît que rarement, et que ce qui est rare n’a pas force de règle ; il se peut même qu’elle se refuse à son possesseur et ne se plie pas à sa volonté, alors que l’inspiration ne survient qu’en situation d’intimité et de présence avec Allah.
En vérité, firâsa et ilhâm comportent chacun une forme générale et une forme particulière ; la forme particulière de l’un surpasse la forme générale de l’autre. Leur forme générale peut être fréquente, leur forme particulière, rare. La différence décisive est que la firâsa suppose un certain effort et une acquisition, tandis que l’inspiration est un pur don, totalement inaccessible à l’effort humain.
[Il expose ensuite quatre sections consacrées aux trois degrés de l’inspiration, puis conclut.]